Le débat au sein de la BoE sur la politique monétaire prend de l’ampleur
Les membres du Conseil de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre (BoE) apparaissent divisés sur l’analyse de l'économie britannique. Détaillées dans les minutes de leur dernière réunion publiées hier, ces divergences font dire à certains que la perspective d’une hausse des taux se rapproche.
Début mai, les membres du MPC ont décidé à l’unanimité de maintenir inchangés le montant du programme d’achats d’actifs, à 375 milliards de livres, et le taux directeur, à 0,5%. Les minutes soulignent cependant qu’il existe au sein du comité «une variété de points de vue sur la trajectoire appropriée de la politique monétaire» et que «pour certains membres, le processus décisionnel de la politique monétaire devient plus équilibré [balanced]».
«Il a un changement de ton marqué par rapport aux minutes du mois d’avril, plus orienté en faveur des ‘faucons’», selon l’économiste d’UniCredit, Daniel Vernazza. «Nous nous attendions à une érosion du consensus mais pas à ce point, écrit l’économiste de RBS, Ross Walker. Le débat autour d’une hausse de taux avancée (dès février 2015) ou plus tardive (août 2015), reste bien équilibré et les minutes du MPC de mai donnent un petit coup de pouce en faveur d’une action avancée».
La réunion de mai était particulière dans la mesure où le taux de chômage était passé sous la barre de 7% (à 6,9%), soit le seuil qu’avait un temps fixé la BoE pour considérer l’opportunité de relever les taux. Pour guider sa politique, la banque se concentre désormais sur le niveau de capacités inutilisées dans l’économie. Celui-ci est estimé entre 1 et 1,5% du PIB mais reste débattu, comme le soulignait déjà le rapport sur l’inflation.
Les minutes précisent que les banquiers centraux ne sont pas d’accord sur les capacités inutilisées dans les entreprises. Ils sont aussi divisés sur la question de savoir à quel point les «auto-employés» représentent un défaut d’utilisation des capacités et dans quelle mesure la progression de l’emploi peut faire évoluer les capacités productives.
Les minutes reconnaissent que le choix d’une politique de relèvement des taux graduelle pourrait inciter la BoE à agir vite. Mais à trop vouloir se presser, la banque centrale pourrait aussi bien casser la dynamique de croissance. «Nous pensons que le MPC ne va pas prendre de risque avec la reprise et tablons toujours sur une hausse de taux au deuxième trimestre de 2015», estime donc Armela Mancellari chez Barclays.
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