Le danois Vestas ouvre le marché des «green bonds» aux émetteurs non notés
Après plusieurs mois de disette, le marché des «green bonds» a retrouvé un peu d’activité. Vestas a émis la semaine dernière la première obligation verte de l’année pour un corporate. Le fabricant danois d’éoliennes a levé 500 millions d’euros à 7 ans. La nature même de son activité fait planer assez peu de doutes sur l’usage des fonds levés pour des projets permettant de répondre aux critères imposés lors des émissions de green bonds, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’opération a toutefois été validée par l’agence de certification DNV.
Premier émetteur corporate de l’année, Vestas est aussi le premier groupe non noté à se lancer sur le marché des green bonds. «Le panel d’émetteurs sur ce marché s’est fortement élargi, avec de grands corporates, des institutions publiques ou des collectivités locales. De même, les opérations sont plus variées, allant du high yield au refinancement d’obligations traditionnelles par des green bonds. Cela va dans le sens d’une démocratisation du marché», se félicite Jean-Philippe Brioudes, directeur DCM chez HSBC France. La banque a organisé le placement aux côtés de Citi, de Nordea et de la Société Générale. En 2014, environ 50 milliards de dollars ont été placés sous la forme de green bonds. Le marché pourrait doubler de taille cette année.
Selon Jean-Philippe Brioudes, «il n’y a pas aujourd’hui de différence de pricing entre les green bonds et les obligations traditionnelles». Les obligations Vestas ont été placées avec un coupon final de 2,75%, soit un rendement total de 2,875%. Celui-ci a été resserré deux fois par rapport à la proposition initiale faite aux investisseurs. Même si elle a eu tendance à se réduire dernièrement, autour de 40 à 50 points de base, la prime liée à l’absence de notation a permis d’attirer une forte demande.
Près d’un milliard d’euros ont été collectés dans les livres d’ordres. Un tiers des titres a été acheté par des investisseurs britanniques, devant leurs confrères d’Europe du Sud (17%). Les investisseurs allemands, français et suisses arrivent en troisième position, à égalité, avec 13% chacun.
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