Le Danemark prend le virage de la relance budgétaire

Le nouveau gouvernement compte mettre 10 milliards de couronnes pour relancer son économie, quitte à creuser le déficit au-delà de 4,6 % du PIB en 2012
Patrick Aussannaire

Le Danemark mise sur la relance. Le nouveau gouvernement dirigé par Helle Thorning-Schmidt compte mettre 10 milliards de couronnes (1,35 milliard d’euros) pour relancer son économie en investissant dans la rénovation des infrastructures publiques. Des réductions d’impôts temporaires sont envisagées pour les investissements dans les machines et les technologies, mais aussi une baisse «significative» de l’impôt sur les revenus. «Nous estimons que le plan nous permettra de surmonter la crise et d’assurer l’avenir de notre Etat providence» a lancé le Premier ministre.

Un tel plan est destiné à relancer la croissance de l’économie danoise, la plus fragile des pays nordiques, quitte à creuser temporairement le déficit. La banque centrale prévoit une croissance de 1,4% cette année, contre 4,5% en Suède, 2,8% en Finlande et 1,75% en Norvège. Dans le même temps, le taux de chômage se monte à 6,2%, contre 2,8% en Norvège et 4,3% en Suède.

Or, le gouvernement danois a peu de marge de manœuvre budgétaire. Le déficit devrait passer de 3,8% du PIB cette année à 4,6% en 2012, avant la mise en place de ce nouveau programme. Dans le même temps, la Finlande prévoit un déficit de 0,6% du PIB l’an prochain, la Suède présentera un budget équilibré et la Norvège, grâce au pétrole, devrait enregistrer le plus important surplus des pays notés «AAA» cette année à 12,5% du PIB. Hier, S&P a cependant confirmé le AAA du Danemark.

Helle Thorning-Schmidt a néanmoins tenu à rassurer les marchés en indiquant sa volonté de ramener le déficit à 3% du PIB dès 2013 et d’équilibrer le budget d’ici à 2020. «Le déficit public menace notre capacité à fournir des services publics de qualité» a-t-elle précisé. Mais seule la taxation des produits gras est prévue aujourd’hui pour compenser la hausse des dépenses.

Afin de soutenir son secteur financier, le gouvernement n’imposera pas de taxe supplémentaire sur les banques. Ni sur les ménages ayant des revenus supérieurs à un million de couronnes par an. La banque centrale a décidé vendredi dernier d’injecter 400 milliards de couronnes de liquidités pour la myriade de petites banques du pays. Une solution qui évite la crise de liquidités à court terme, mais qui ne doit pas épargner au secteur un effort de consolidation. Le président du fonds de soutien public estimait le mois dernier que 75 des 90 banques locales danoises devraient être, soit rachetées, soit renflouées.

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