Le Danemark pourrait devoir revenir sur les marchés pour se financer
La revue en hausse des besoins de financement du Danemark pourrait pousser le pays à reprendre les émissions obligataires qu’il a suspendues cette année pour garder sa devise bien arrimée à l’euro.
Le gouvernement libéral danois vient d’annoncer une progression des besoins de financement alors qu’il a revu les prévisions de croissance à la baisse (à 1,5% en 2015 et 1,9% en 2016) et celles de déficit à la hausse (à 2,7% du PIB cette année et 2,8% l’année prochaine). Le gouvernement estime ses besoins de financement domestique à 144 milliards de couronnes (19 milliards d’euros) en 2016 contre 126 milliards cette année. Y compris celui en devises étrangères, le besoin de financement total est estimé à 167 milliards de couronnes.
Alors que l’excédent budgétaire de 1,8% du PIB en 2014 a permis au pays de suspendre toute les émissions obligataires en janvier dernier et jusqu’à nouvel ordre, «le besoin de financement plus élevé pour 2016 renforce la probabilité d’un redémarrage des émissions plus tôt que prévu», écrit Arne Lohmann Rasmussen, responsable de la recherche taux pour Danske Bank. Selon l’analyste de Nordea, Storup Nielsen, interrogé par Bloomberg, le Danemark devrait reprendre ses émissions dès ce trimestre.
La suspension des émissions obligataires au Danemark faisait suite à l’annonce du lancement du programme d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) et à l’abandon du taux plancher de 1,20 franc suisse pour 1 euro par la Banque Nationale de Suisse en janvier dernier. Ces décisions se sont traduites par un renforcement de la couronne danoise face à l’euro alors que celle-ci est censée évoluer dans une bande de plus ou moins 2,25% autour du cours cible de 7,46038 couronnes pour un euro.
Afin de maintenir le taux de change fixe face à l’euro en vigueur depuis 1999, la Banque centrale danoise est intervenue sur le marché à hauteur de 275 milliards de couronnes entre janvier et février derniers. Elle a réduit ses taux à quatre reprises et ramené le taux appliqué sur les certificats de dépôt à -0,75%. Dans un rapport publié en juin, la banque centrale souligne qu’un mouvement de sortie de capitaux a succédé au mouvement d’afflux, ce qui a poussé l’institution à céder quelque 69 milliards de couronnes de devises entre avril et mai.
Dans ce même rapport, la banque centrale se félicite de la suspension des émissions : «cette mesure a eu l’effet attendu puisqu’elle a conduit à un resserrement des spreads obligataires entre le Danemark et le reste de la zone euro».
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