Le Danemark assèche ses émissions souveraines afin de défendre sa devise
Le Danemark multiplie les mesures pour défendre l’arrimage (peg) de la couronne contre euro. En plus des trois baisses de taux concédées en deux semaines pour ramener les taux courts à un niveau de zéro et le taux de dépôt en territoire négatif à -0,50%, le gouvernement danois a également décidé de suspendre temporairement ses émissions d’obligations d’Etat, sur conseil de la banque centrale (DNB). «L’Etat dispose déjà de fonds suffisants pour couvrir ses besoins sur 2015», rappelle SG CIB qui ajoute qu’avec cette mesure, «la DNB espère une baisse des spreads de taux sur la partie la plus longue de la courbe, ce qui limiterait les entrées de capitaux étrangers».
Le taux danois à 10 ans a chuté de 25 pb pour tomber à 0,17%, et de 18 pb à -0,59% sur la partie 2 ans depuis vendredi. Les baisses atteignent même respectivement 65 pb et 52 pb depuis le début de l’année, avec un spread désormais négatif contre le Schatz allemand à 2 ans à hauteur de 40 pb, un record historique, et contre Bund à 10 ans de 14 pb, un plus bas depuis début 2013. Les taux danois sont également passés sous ceux de la Suède et de la Norvège sur la partie 2 et 10 ans, alors que les pressions à la hausse de la couronne contre euro se sont accentuées depuis l’annonce de rachats de titres d’Etat par la BCE. Elles ont nécessité l’intervention de la DNB sur le marché des changes.
Si certains s’inquiètent ainsi que le pays suive l’exemple suisse en abandonnant le peg contre euro, «le Danemark n’est pas la Suisse», estime SG CIB qui rappelle que «la politique d’arrimage est en place depuis plus de trente ans et demeure forte tant pour des raisons de compétitivité que de stabilité financière». Les réserves de changes représentent seulement 30% du PIB danois, contre plus de 80% en Suisse. «La couronne danoise n’est pas une devise refuge traditionnelle. Il semble ainsi que les entrées de capitaux récentes soient plus spéculatives que liées à un effet de panique», estime Citigroup.
Depuis mi-décembre, la devise danoise s’est d’ailleurs dépréciée de 11% contre le dollar, de 14% contre le franc et de 6% contre la couronne norvégienne. La baisse a été limitée à 2% contre la couronne suédoise du fait du durcissement du discours de la Riksbank qui envisage des mesures monétaires non conventionnelles, telles que le passage du taux «repo» en territoire négatif dès sa prochaine réunion, la semaine prochaine.
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