Le Crédit Mutuel garde ouvert le robinet du crédit
La banque gagne des parts de marché, mais ses revenus et son résultat net ont baissé l’an dernier
Publié le
Alexandre Garabedian
Un dynamisme commercial qui tarde à se convertir en espèces sonnantes et trébuchantes. C’est le paradoxe du groupe Crédit Mutuel, qui a fait état pour 2007 d’une baisse de 2,5 % de son produit net bancaire (PNB), à 10,6 milliards d’euros, et d’un recul de 7,3 % de son résultat net, à 2,7 milliards.
La crise du subprime est certes passée par là, qui a coûté 300 millions d’euros de revenus au groupe (chez Arkéa et au CIC). Mais hors ces effets et la variation des provisions d’épargne logement, la hausse du PNB n’aurait atteint que 1,7 %. La hausse du coût de la ressource à partir du deuxième semestre 2007 a donc pesé sur la banque, comme d’ailleurs sur ses concurrents.
Malgré tout, « on revient dans tous les secteurs à une tarification plus normale compte tenu du coût de la ressource », relève Etienne Pflimlin, le président du groupe. Cette volonté générale des banques de reconstituer leurs marges n’a pas encore conduit le Crédit Mutuel à resserrer les cordons de la bourse. « Nous répercutons dans le prix des crédits le coût de la ressource, mais il n’y a pas de credit crunch et de fermeture du robinet », assène Etienne Pflimlin.
La production de crédit a ainsi progressé de 10,1% l’an dernier. Le groupe pèse désormais 17,3 % du marché français des crédits (+0,5 point en un an). La production s’est accrue de 7,6 % dans l’immobilier alors que certains concurrents du groupe ont levé le pied, ce qui porte la part de marché du Crédit Mutuel à 23 % dans l’habitat. Sur les dépôts, la part de marché est passée de 12,4 % à 12,7 % en un an. Et le groupe a conquis 393.000 clients particuliers de plus, « dont au moins 80 % sont des comptes principaux », assure le directeur général Michel Lucas.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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