Le Crédit Foncier rouvre le marché des RMBS français avec succès
Le Crédit Foncier a rouvert le marché français des titrisations adossées aux crédits hypothécaires (RMBS) pour réduire la taille de son bilan. La filiale de BPCE a placé publiquement vendredi les deux tranches seniors d’une titrisation d’un portefeuille de 8.900 prêts immobiliers accordés à des particuliers représentant 922 millions d’euros.
Les tranches notées AAA du FCT baptisé CFHL-1 2014, de 428 et 376 millions d’euros ont été placées avec des marges de respectivement 37 et 65 points de base au-dessus de l’Euribor 3 mois. Les tranches mezzanines et equity de l’opération ont été placées de façon privée. «On arrive à des prix qui sont équivalents, voire légèrement meilleurs que ceux qu’on observe sur les marchés britanniques et néerlandais, marchés les plus matures en la matière», assure Bruno Deletré, directeur général du Crédit Foncier. Il se félicite que la titrisation ait été significativement surscouscrite (3 fois) ce qui a permis de resserrer les prix.
Les prix des tranches seniors «sont un peu au-dessus du prix qu’on aurait pour l’émission d’obligations foncières équivalentes, ce qui est normal, mais la titrisation permet de sortir les crédits du bilan et donc de faire une économie de fonds propres», défend Bruno Deletré, qui souhaite revenir régulièrement sur le marché de façon privée et publique. Pour sa première opération publique, le Crédit Foncier a conservé plus de 5% de l’encours de prêts.
Comme ces derniers, dont environ 80% sont garantis par une hypothèque de premier rang et le reste par le Crédit Logement, ont une maturité résiduelle moyenne proche de 20 ans, le Crédit Foncier a prévu une option de refixation des conditions de rémunération de la tranche A2, tous les cinq ans. «Cela correspond mieux aux attentes du marché», explique Bruno Deletré.
Alors que les banques doivent renforcer leur fonds propres pour respecter les exigences de Bâle 3, la Banque de France souhaiterait que les émissions déconsolidantes de RMBS comme celles du Crédit Foncier se multiplient. Début janvier, le gouverneur, Christian Noyer, appelait à «revisiter l’équilibre économique de cette activité, marquée aujourd’hui en France par un niveau de taux particulièrement bas».
Bruno Deletré se veut pourtant rassurant sur les perspectives du marché: «On est peut-être un peu mieux margés car nos crédits sont un peu plus longs mais dans les conditions actuelles de crédit immobilier, il y a aujourd’hui dans le marché français suffisamment de marge pour pouvoir titriser si on le souhaite», assure-t-il.
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