Le crédit attend un redémarrage après son pire mois d’août en dix ans
Les entreprises enregistrent leur mois le plus faible en matière d'émissions depuis 2001. Quelques émissions financières ont animé le marché
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Laure Closier
L’expression «pause estivale» paraît bien faible pour qualifier l’activité du marché du crédit ce mois-ci. Traditionnellement maigre bien sûr, le segment corporate a été complètement inactif jusqu’au 26 août. Seul Renault est venu sortir le marché de sa torpeur à travers une émission de RCI banque d’un montant de 500 millions d’euros sur 2 ans. Alors qu’en juillet, l’activité sur le corporate était restée soutenue (5,3 millions d’euros d’émissions), en août, elle enregistre ainsi son niveau mensuel le plus faible depuis 2001.
Et l’activité aoûtienne n’a pas été beaucoup plus soutenue sur les autres segments de crédit par rapport aux autres années. Du côté des financières, le ralentissement a lui aussi été important, même si les émissions de dette senior ont fait vivre le marché. Ces dernières ont en effet enregistré 5 milliards d’euros d’activité. Un bon score par rapport aux autres catégories de crédit, mais un niveau qui demeure tout de même le plus faible depuis 2003. Sur la dette subordonnée, seule opération marquante, NBG finance a émis 450 millions d’euros à 10 ans début août.
Côté high yield, le marché, pourtant en très bonne forme depuis le début de l’année, n’a vu qu’une seule opération se réaliser ce mois-ci. L’entreprise de câble hollandaise UPC holding a ainsi émis 640 millions d’euros à 10 ans au début du mois. Cette opération porte le niveau d’activité sur un an à 24 milliards d’euros. Selon les prévisions de SG CIB, l’activité sur le high yield devrait ainsi atteindre en Europe 35 milliards d’euros en 2010. Cette année serait ainsi la plus forte depuis 2004.
«Le marché du crédit européen est prêt pour un décollage», soutiennent les équipes de la recherche crédit de SG CIB qui s’attendent à une offre soutenue pour septembre «après un mois de marasme». Cependant si l’activité a été faible en août, au-delà de la pause estivale, c’est aussi parce que les conditions de marché, par rapport à juillet, se sont détériorées. Après la détente qui a suivi les stress tests (23 juillet), cinq semaines consécutives de mauvais indicateurs économiques sont venues mettre à mal la confiance des marchés. L’indice Itraxx Crossover qui mesure les CDS des entreprises les moins bien notées est notamment reparti à la hausse début août après un mois et demi de baisse. Il atteignait ainsi 523 points de base (pb) hier, contre 450 pb le 31 juillet. Septembre s’annonce donc périlleux.
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