Le coût de la dette française reste très en dessous des prévisions budgétaires
La France emprunte à 0,08% à trois mois alors que la loi de Finances rectificative pour 2012 anticipait un taux moyen annuel à 1,27%
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Violaine Le Gall
Photo: PHB/Agefi
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Hasard ou non, pour le deuxième jeudi consécutif, le rendement à dix ans français s’est fortement détendu. Il a baissé de 15 points de base (pb) hier à à 2,32%, un plus bas historique, après un autre recul très marqué de 20 pb le 24 mai dernier. Le mouvement se distingue par sa brutalité.
D’après des opérateurs de marché, l'émission d’obligations à deux ans allemandes pour un coupon nul annoncée le 22 mai dernier a été un élément déclencheur. Les investisseurs cherchent davantage à se positionner sur des titres offrant un rendement supérieur à celui des emprunts d’Etat allemands.
Après l'élection présidentielle, des investisseurs, notamment asiatiques, auraient également repris leurs emplettes sur la dette française. La Banque nationale suisse, qui a ancré le franc suisse à l’euro, pourrait elle aussi être à l’achat afin de compenser les afflux de dépôts venant de la zone euro.
Ce phénomène récent ne peut pas à lui seul alléger significativement le coût de la dette. Mais il s’inscrit dans un environnement très porteur depuis plusieurs mois. Les taux longs français ont reculé de plus de 100 pb depuis début janvier. Fin 2011, la loi de Finances pour 2012 se basait sur une hypothèse de taux moyen de 3,7% pour les émissions à dix ans et de 1,4% pour les titres à trois mois. La charge de la dette devait ainsi ressortir à 48,77 milliards d’euros en 2012, contre 46,8 milliards en 2011. L’an dernier, le taux moyen des émissions à dix ans s'élevait à 3,38% et celui des bons à trois mois à 0,70%. Dès février, la loi de Finances rectificative a prudemment révisé en baisse ses projections. Elle a fixé à 1,27% sa prévision pour les taux courts en 2012, ce qui devait se traduire par une économie de plus de 1,4 milliard d’euros. Cependant, la prudence a amené le gouvernement à ne réviser la baisse de la charge de la dette que de moitié, soit 700 millions d’euros.
Mais les taux courts ne sont finalement pas remontés. Le taux est ressorti à 0,084% lors de la dernière adjudication de BTF à trois mois fin mai. L’Etat semble donc assuré d’obtenir une charge de la dette moins importante que prévu.
Sur les emprunts à moyen et long terme, l’Etat emprunte également moins cher qu’anticipé. Depuis le début de l’année, les émissions d’OAT à dix ans ont offert un rendement moyen légèrement supérieur à 3% alors que la loi de Finances se base pour l’année complète sur un taux moyen de 3,7%.
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