Le coût de la dette française reste très en dessous des prévisions budgétaires
Hasard ou non, pour le deuxième jeudi consécutif, le rendement à dix ans français s’est fortement détendu. Il a baissé de 15 points de base (pb) hier à à 2,32%, un plus bas historique, après un autre recul très marqué de 20 pb le 24 mai dernier. Le mouvement se distingue par sa brutalité.
D’après des opérateurs de marché, l'émission d’obligations à deux ans allemandes pour un coupon nul annoncée le 22 mai dernier a été un élément déclencheur. Les investisseurs cherchent davantage à se positionner sur des titres offrant un rendement supérieur à celui des emprunts d’Etat allemands.
Après l'élection présidentielle, des investisseurs, notamment asiatiques, auraient également repris leurs emplettes sur la dette française. La Banque nationale suisse, qui a ancré le franc suisse à l’euro, pourrait elle aussi être à l’achat afin de compenser les afflux de dépôts venant de la zone euro.
Ce phénomène récent ne peut pas à lui seul alléger significativement le coût de la dette. Mais il s’inscrit dans un environnement très porteur depuis plusieurs mois. Les taux longs français ont reculé de plus de 100 pb depuis début janvier. Fin 2011, la loi de Finances pour 2012 se basait sur une hypothèse de taux moyen de 3,7% pour les émissions à dix ans et de 1,4% pour les titres à trois mois. La charge de la dette devait ainsi ressortir à 48,77 milliards d’euros en 2012, contre 46,8 milliards en 2011. L’an dernier, le taux moyen des émissions à dix ans s'élevait à 3,38% et celui des bons à trois mois à 0,70%. Dès février, la loi de Finances rectificative a prudemment révisé en baisse ses projections. Elle a fixé à 1,27% sa prévision pour les taux courts en 2012, ce qui devait se traduire par une économie de plus de 1,4 milliard d’euros. Cependant, la prudence a amené le gouvernement à ne réviser la baisse de la charge de la dette que de moitié, soit 700 millions d’euros.
Mais les taux courts ne sont finalement pas remontés. Le taux est ressorti à 0,084% lors de la dernière adjudication de BTF à trois mois fin mai. L’Etat semble donc assuré d’obtenir une charge de la dette moins importante que prévu.
Sur les emprunts à moyen et long terme, l’Etat emprunte également moins cher qu’anticipé. Depuis le début de l’année, les émissions d’OAT à dix ans ont offert un rendement moyen légèrement supérieur à 3% alors que la loi de Finances se base pour l’année complète sur un taux moyen de 3,7%.
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?