Le continent obligataire européen continue de s’enfoncer sous 0%
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Philippe Mudry
Quand les membres du conseil de la BCE se réuniront demain, ils auront un sujet de réflexion supplémentaire.
Alors que plus de la moitié des obligations allemande offre déjà un rendement négatif, c’est au tour de grandes entreprises privées d’avoir le privilège d’être payée pour emprunter.
Hier deux émetteurs allemand et français, le groupe de grande consommation Henkel et le géant pharmaceutique Sanofi, ont proposé au marché des obligations entre 3 et 5 ans à taux négatifs.
La nouvelle a fait sensation sans surprendre.
Car elle résulte du lancement par la BCE de ses rachats d’obligations d’entreprises en juin, dont l’effet a été puissant sur les rendements des meilleures signatures.
Le continent obligataire continue donc de s’enfoncer sous le niveau zéro à grande vitesse.
Mais plus il s’enfonce, moins il y a de titres à acheter pour la BCE qui s’est fixé des limites d’achat, notamment en matière de taux.
Ses achats globaux atteignent déjà 1.000 milliards d’euros depuis le lancement de l’assouplissement quantitatif il y a 18 mois.
Au rythme où les rendements allemands fondent, certains analystes prédisent que dès novembre, plus un euro de dette outre-Rhin ne sera éligible à un rachat par la BCE.
Or l’inflation ne donne guère de signe sérieux de reprise.
Dès lors, chacun se demande si elle annoncera de nouvelles mesures demain, modification des critères d’achats ou allongement de l’horizon d’achat, jusqu’ici borné à mars 2017.
Une chose est sûre, la BCE exclut le « parachutage » direct de liquidités en direction des particuliers, le fameux « helicopter money ».
En revanche, elle ne s’est jamais prononcée sur le rachat d’actions. Tout commentaire sur le sujet jeudi sera surveillé de près.
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