Le Conseil européen du risque systémique réclame un tour de vis sur les ETF
L’affaire UBS a braqué les projecteurs sur le marché des ETF, ces fonds indiciels cotés dont les actifs sous gestion culminaient à 1.200 milliards de dollars l’an dernier. Mais l’Autorité européenne des superviseurs de marchés (Esma) n’a pas attendu les errements du trader londonien de la banque suisse pour s’emparer du sujet. En juillet, l’Esma a ainsi publié sa consultation sur les ETF et les Ucits structurés qui prévoit d’enrichir l’information donnée aux investisseurs.
Mais pour le Conseil européen du risque systémique (CERS), cet effort annoncé ne va pas assez loin. Dans une réponse datée du 21 septembre, le responsable de la surveillance macroprudentielle du système financier dans l’Union note que «des politiques approfondies de transparence ont échoué par le passé à traiter des risques qui se sont accumulés et matérialisés par des CDO, ABS et autres produits structurés». Le CERS suggère dès lors de renforcer cette transparence sur la base de critères qualitatifs et quantitatifs. Il soumet au passage l’idée de retirer le label Ucits pour des structures complexes et opaques afin de garantir que les produits Ucits restent simples.
L’organisme souligne par ailleurs un certain nombre de risques déjà identifiés par l’Esma et le Conseil de stabilité financière. Il s’agit notamment du risque de liquidité de financement pour les ETF synthétiques, en particulier dans le cas d’un remboursement massif. Les ETF synthétiques, qui répliquent la performance d’un indice via des produits dérivés, font appel à des contreparties bancaires qui déposent du collatéral comme garantie en échange de cash.
«Parce que le collatéral n’a pas besoin de correspondre aux actifs de l’indice répliqué, les banques pourraient être incitées à utiliser la structure de l’ETF synthétique comme une source d’emprunt collatéralisé pour financer des portefeuilles illiquides», explique le CERS. Et en cas de stress, un retrait massif du marché des ETF pourrait entraîner un choc de liquidité pour ces contreparties.
Afin de prévenir un tel scénario, le Conseil plaide en faveur d’une coopération formelle entre l’Autorité bancaire européenne (EBA) et l’Esma. Il salue également la proposition de suivre ses «directives sur la mesure du risque» qui stipulent par exemple que «le collatéral cash peut seulement être investi dans des actifs sans risque».
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