Le club des pays notés « AAA » déplore la perte d’un nouveau membre
Fitch puis S&P ont abaissé la note de la Nouvelle Zélande, faisant chuter la devise à 0,7659 contre dollar et progresser le taux 10 ans à 4,43%
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Patrick Aussannaire
Le club des pays notés «AAA» se restreint comme peau de chagrin. Après la dégradation d’un cran de la note de long terme en devise locale de la Nouvelle Zélande par Fitch et Standard & Poor’s hier à «AA+», seuls 14 pays continuent à bénéficier du précieux «AAA» de la part des trois agences de notation (S&P, Fitch et Moody’s). La perspective est stable pour les deux agences, qui ont agi a seulement neuf heures d’intervalle.
Cette dégradation «est consécutive à notre anticipation que la position extérieure de la Nouvelle Zélande va continuer à se détériorer, alors même que la situation budgétaire du pays a été affaiblie par les dépenses liées au tremblement de terre ainsi que par le plan de relance destiné à soutenir la croissance» explique S&P. Les dépenses de reconstruction suite au tremblement de terre de février dernier se montent à 15 milliards de dollars néo-zélandais (8,5 milliards d’euros).
Fitch s’attend à une dégradation du déficit de la balance des comptes courants du pays à 4,9% du PIB en 2012 et 5,5% en 2013. Or, la hausse du ratio d’endettement des ménages à 150% (contre 157% en Australie et 159% au Royaume-Uni et 116% aux Etats-Unis) nécessiterait une réduction du déficit des comptes courants.
Cette décision a entrainé une hausse du rendement des obligations d’Etat à 10 ans qui a progressé de 12 points de base à 4,43%, sa plus forte variation en séance depuis le 6 septembre 2010. Les obligations néo-zélandaises à 10 ans offrent à présent un rendement supérieur aux obligations américaines de même maturité de 245 points de base. Dans le même temps, le dollar néo-zélandais a connu cette nuit une nouvelle chute de 0,7% à 0,7659 contre dollar et de 0,2% contre euro à 0,565. A l’instar de l’ensemble des devises des pays émergents, la devise néo-zélandaise a dérapé de plus de 10% contre dollar et de 4,5% contre euro depuis un mois.
Le rythme de croissance décevant enregistré au deuxième trimestre (0,1% contre 0,5% prévu par le consensus) et un taux de chômage au-dessus de 6% depuis 2009 a conduit la banque centrale à laisser ses taux inchangés à 2,5% et les marchés anticipent le statu quo en 2011. «L’environnement global est loin d’être positif» estime Imre Speizer, stratégiste chez Westpac Banking. «Tant que cela restera la cas, les devises orientés sur les matières premières comme l’Aussie ou le kiwi vont certainement sous-performer les autres».
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