Le choc de confiance de la BCE tarde à se diffuser auprès des entreprises
Les entreprises allemandes se disent pessimistes pour l’avenir de leur activité en dépit des annonces faites par la BCE et les dirigeants européens. L’indice Ifo sur le climat des affaires s’est replié pour le cinquième mois consécutif. Il est ressorti à 101,4 en septembre, soit son plus bas niveau depuis 2010 contre 102.3 le mois dernier. Les économistes sondés par Reuters, s’attendaient pourtant à une remontée de l’indicateur à 102,5.
Ce sont surtout les prévisions pour l’activité à six mois qui sont décevantes aux yeux des économistes. L’indice des attentes est passé de 94,2 ce mois-ci à 93,2. L’inquiétude est particulièrement marquée dans le secteur manufacturier. «La seule bonne nouvelle de l’indice IFO publié aujourd’hui est que l’estimation de l’activité actuelle reste plutôt élevée à 110,3 (contre 111,1 en août), souligne l’analyste d’ING, Carsten Brzeski.
Selon lui, en dépit de l’annonce du programme de la BCE d’endiguement de la montée des taux, «les entreprises allemandes restent sceptiques sur l’impact économique du coup de baguette de Mario Draghi (…). Et d’ajouter: «les ajustements structurels à l’œuvre chez les partenaires commerciaux de l’Allemagne de la zone euro vont prendre du temps et affaiblir la demande pour les produits allemands».
La dégradation de l’indice IFO peut sembler surprenante alors que l’indice PMI composite avancé publié la semaine dernière par Markit témoignait d’une moindre contraction de l’activité en septembre à 49,7. L’indice ZEW du sentiment des investisseurs est aussi remonté à -18,2 en septembre contre -25,5 en août. Pour l’économiste de BNP Paribas, Evelyn Herrmann, il n’y a pas de quoi s’étonner : «les indices IFO s’ajustent plus lentement aux développements récents, notamment financiers». De même, ils ont tendance à évoluer derrière les PMI, surtout dans le secteur manufacturier. Les indices PMI sont davantage basés sur des faits que sur les perceptions des acteurs économiques.
L’économiste d’UniCredit, Alexander Koch, rappelle que les derniers chiffres d’activité industrielle publiés en juillet étaient encourageants. «Le sentiment d’activité économique reste probablement biaisé par les incertitudes au sujet de la crise de la dette et dresse une image trop pessimiste de la situation économique actuelle», avance-t-il. Il s’attend à ce que le PIB de 0,3% au troisième trimestre avant qu’il ne revienne légèrement dans le vert au dernier trimestre de cette année.
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