Le choc de compétitivité en France risque de rester un vœu pieux
Louis Gallois sera reçu à Bercy jeudi, alors que le gouvernement prend ses distances avec les probables propositions du rapport attendu le 5 novembre
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La rédaction
Louis Gallois sera reçu à Bercy jeudi. Photo: Gilles Rolle/REA
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Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, doit rencontrer jeudi après-midi Louis Gallois. Le rapport sur le choc de compétitivité que ce dernier doit publier le 5 novembre semble pourtant promis à connaître le même sort que ses illustres prédécesseurs, tels le rapport Attali ou celui de Michel Pébereau sur la dette.
Alors que le gouvernement, à chaque question sur la compétitivité de la France, renvoyait aux futures propositions de l’ex-patron d’EADS, il a pris soin de s’en démarquer après les fuites savamment orchestrées samedi dans Le Figaro.
Les commentateurs se sont focalisés sur ce qui serait la mesure phare du rapport: une baisse des charges de 30 milliards d’euros, dont 20 milliards pour les entreprises et 10 milliards pour les salariés, compensée par une hausse de la fiscalité (TVA, CSG ou taxes vertes). Une revendication traditionnelle des entreprises, qui bénéficient déjà d’allègements sur les emplois les moins qualifiés. Désormais, le gouvernement préfère mettre l’accent sur la compétitivité hors coût du travail, ce qui éloigne la perspective du «choc» promis ces derniers mois.
Pour Philippe Gudin de Vallerin, chef économiste Europe de Barclays et ancien du Trésor, les deux questions sont liées. «Le problème de compétitivité hors coût est apparu du fait de l’insuffisance de la compétitivité coût. C’est vraiment le même sujet», estimait-il hier. «La faible profitabilité de l’industrie conduit à ce qu’elle n’accroît pas ses capacités de production, d’où l’incapacité de l’offre industrielle en France à répondre à la demande aussi bien intérieure qu’extérieure et d’où la baisse du niveau de gamme», écrivait Patrick Artus, chez Natixis, dans une note du 17 octobre.
«Les attentes de réformes structurelles vis-à-vis de la France sont énormes», poursuit Philippe Gudin de Vallerin, qu’il s’agisse de coûts du travail, d’assouplissement du marché de l’emploi ou de libéralisation des professions réglementées.
D’autant que l’Espagne et l’Italie ont avancé sur ces sujets. Par ailleurs, rappelle Patrick Artus, l’industrie française commence à perdre en compétitivité vis-à-vis de l’Espagne dans le bas-moyen de gamme.
Et vis-à-vis de l’industrie allemande, «la perte de compétitivité coût depuis 1998 atteint 40%», notamment parce que l’Allemagne assemble beaucoup de composants produits dans des pays à bas coût d’Europe centrale.
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