Le CERS veut réduire les risques liés aux prêts en devises étrangères
La crise est à présent systémique, a par ailleurs averti hier Jean-Claude Trichet
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Violaine Le Gall
Jean-Claude Trichet, sous sa casquette de président du Comité européen du risque systémique (CERS), a alerté hier sur le caractère systémique de la crise actuelle. Depuis la dernière réunion du comité le 21 septembre dernier, «la situation est restée très difficile», a-t-il observé lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques et financières du Parlement européen. «La crise est systémique et doit être combattue avec la plus grande résolution. Les gouvernements nationaux et les autorités, ainsi que les institutions européennes, doivent se dresser pour relever le défi et agir de concert au plus vite.Prendre du retard ne ferait qu’aggraver la situation.»
Mis en place en décembre 2010 afin de répondre à la crise financière, le Comité a publié hier ses premières recommandations. Elles portent sur les prêts en devises étrangères. Ces crédits qui s'étaient fortement développés en Europe de l’Est ont été à l’origine de la crise dans la région au premier trimestre 2009. «Compte tenu des risques pour la stabilité financière, du potentiel de contagion transfrontière et l'échec des mesures nationales jusqu’ici», le CERS a publié des recommandations qui seront appliquées d’ici à 2012 ou 2013.
D’abord, les emprunteurs en devises étrangères qui ne se couvrent pas sur le risque de change devront être informés correctement par les banques. La solvabilité des nouveaux débiteurs doit en outre être améliorée. Le CERS demande aux autorités nationales d'être plus vigilantes sur le rôle des prêts en devises étrangères dans la croissance du crédit. Elles devront, si nécessaire, enrayer la tendance. Il recommande aussi que les banques intègrent ce risque dans leurs systèmes de contrôle et qu’elles allouent les capitaux à cette activité de façon adaptée. Enfin, les autorités sont invitées à surveiller de près les risques de liquidité et de financement et à imposer des limites dès que nécessaire.
Le Comité s’intéresse aussi à un sujet connexe, les risques systémiques créés par le financement des banques en devises étrangères, en particulier en dollar. Afin que les tensions sur le marché monétaire en dollar de 2008 et 2011 ne se reproduisent pas, le CERS travaille sur la mise en place de mesures à moyen terme. Pour finir, le Comité planche sur le développement des ETF et du trading haute fréquence, des dossiers sur lesquels il a répondu aux consultations de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma).
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