Le CERS se pose en tour de contrôle des risques pour la stabilité de l’Europe
Plus d’un an après la décision des pays de l’Union européenne de doter l’Europe d’un organe de surveillance des marchés financiers, le Conseil européen des risques systémiques (CERS) a tenu hier sa première réunion au siège de la BCE à Francfort. Dirigé par le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et par son homologue britannique Mervyn King, le nouveau Conseil se présente comme une véritable autorité de contrôle de tous les risques systémiques susceptibles de menacer la stabilité financière de l’Europe. Lors d’une conférence commune, les deux banquiers ont cependant refusé de se prononcer sur les risques actuels.
«Le CERS a recu un mandat clair et précis et nous sommes déterminés à tirer la sonnette d’alarme avec un maximum d’autorité le jour venu, mais aujourd’hui il est encore trop tôt pour se prononcer sur un risque systémique concret», a souligné Jean-Claude Trichet. Il a cependant précisé que l’institution ne se mêlera pas des nouveaux stress tests auxquels seront soumises au premier semestre les banques européennes. «Mais nous attendons que ces tests se déroulent de manière aussi professionnelle que possible», a-t-il dit.
Le CERS va se réunir quatre fois par an, la prochaine fois le 18 mars, et il publiera un rapport annuel. Son président devra se rendre deux fois par an à Strasbourg pour répondre aux questions des parlementaires européens.
De nombreux analystes ont saisi l’occasion de la réunion inaugurale du CERS pour mettre en cause son utilité et douter de son efficacité. «Ce Conseil n’est qu’un tigre de papier dont le rôle se limite à émettre des recommandations, sans aucun pouvoir de sanction», estime Peter Hahn, professeur à la Cass Business School de Londres. Tel est également l’avis de Nick Kounis, économiste chez ABN Amro. «L’idée d’un Conseil des risques systémiques est excellente en soi, mais il aurait fallu doter cet organe d’un véritable pouvoir de décision», estime-t-il.
Interrogé sur cette question Jean-Claude Trichet a fait valoir que le CERS est composé des 27 gouverneurs des banques centrales européennes, disposant d’une autorité morale considérable. «Et je n’ai pas de doutes que le Conseil va gagner en autorité», a-t-il estimé. Tel est également l’avis d’Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank. Pour lui la création du CERS est un «grand pas en avant» car aucun pays européen n’est en mesure d’assurer à lui seul la stabilité financière.
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