Le cercle des émetteurs obligataires lançant des offres d’échange s’élargit
Sur le marché obligataire, les opérations ont repris après plusieurs semaines d’accalmie, dues notamment à la fermeture du marché britannique. Les offres de rachat ou d’échange d’obligations en particulier contribuent à l’activité. Ainsi, Valeo a réalisé, début mai, une opération de rachat de titres à échéance 2013 et a émis pour 500 millions d’euros d’obligations à maturité 2018. Il a été suivi par Casino et Suez Environnement.
Mais, contrairement à l’an dernier, les émetteurs français ne sont pas les seuls à se lancer dans ce type d’offres. «Des groupes tels que les allemands E.ON et Linde, le suisse Adecco et le néerlandais Schipol ont récemment procédé à des opérations de rachat ou d’échange, indique Sidney Studnia, responsable de l'équipe d’ingénierie financière chez SG CIB. En Italie, la réglementation vient d’être assouplie et permet désormais ces opérations. Début avril, nous avons travaillé sur une première opération pour la Banco Popolare dell’ Emilia Romagna qui a échangé des titres lower tier 2 par des titres seniorS». Le mécanisme gagne aussi le Royaume-Uni. Mi-mai, le groupe d’habillement Next a annoncé une offre de rachat sur deux lignes en livres sterling, à échéance 2013 et 2016 et prévoit d’émettre de nouveaux titres. «Des émetteurs s’intéressent à ces opérations après avoir observé les réalisations d’autres groupes», explique Sidney Studnia.
Actuellement, des entreprises décident de lancer ces offres en raison de leurs anticipations de hausse des taux. En prenant de l’avance sur leur refinancement, elles évitent de subir ce phénomène. Ces opérations permettent aussi de rallonger la maturité de la dette et de réduire les frais financiers puisque le coupon de la nouvelle dette est inférieur à ceux des lignes rachetées. L’an dernier, les émetteurs ont en moyenne racheté des dettes d’une maturité résiduelle de 3 ans pour réémettre à 7 ans, d’après la recherche crédit de Natixis. Les opérations ont en outre un effet généralement positif sur le marché secondaire. Certains émetteurs cependant sont réticents à mener ce type d’opérations, notamment en raison de la prime à payer sur le marché secondaire pour inciter les investisseurs à apporter à l’offre.
En 2010, les offres de rachat ou d’échange portaient sur des volumes de 60 milliards d’euros. 16 milliards ont été effectivement rachetés ou échangés, d’après Natixis.
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