Le CDS sur l’Allemagne traite au-dessus du contrat sur le Royaume-Uni
Les nouveaux développements dans la crise de la zone euro ont bouleversé la hiérarchie sur le marché des dérivés de crédit
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Violaine Le Gall
Depuis une dizaine de jours, la hiérarchie des CDS sur les Etats européens AAA a véritablement changé. Le contrat de protection contre le risque de défaut de l’Allemagne traite à présent à un niveau supérieur à celui sur le Royaume-Uni. Jeudi dernier, le CDS sur l’Allemagne à cinq ans a atteint un niveau record à 106 points de base (pb) avant de se détendre légèrement à 105 pb vendredi dernier. Le contrat sur le Royaume-Uni traite quant à lui à 93 pb.
Encore fin juin, le CDS sur l’Allemagne était clairement inférieur à celui sur le Royaume-Uni. Le premier ressortait en effet à 42 pb, tandis que le second traitait à 64 pb. Le fait que le Royaume-Uni ne fasse pas partie de la zone euro a joué en sa faveur. L’Allemagne, en revanche, est exposée à la crise de la zone euro, notamment du fait de sa participation aux structures de soutien européennes. Le CDS sur la France a lui aussi continué de se tendre en septembre, passant en quatre semaines de 166 pb à 201 pb.
«La principale différence avec la première moitié du mois de septembre est que cette nouvelle hausse n’est pas due à des tensions sur les CDS bancaires mais plutôt à la réévaluation par le marché du risque souverain, analysent les stratégistes taux de BNP Paribas. Par exemple, la dernière hausse de 20 pb du CDS sur la France s’explique par la montée du risque souverain estimé, tandis la prime de liquidité et de risque a diminué, ce qui est assez inhabituel».
La pertinence des niveaux de CDS souverains reste cependant contestée : aucun établissement privé ne pourrait vraiment assurer le défaut d’un grand pays. Sur le marché cash, le Bund conserve d’ailleurs son statut de valeur refuge. Le taux d’intérêt allemand à dix ans ressort à 1,67%, contre 2,32% pour le Gilt et 2,51% pour l’OAT.
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