Le cas Cœur Défense renforce la sécurité des CMBS français
L’annulation le 25 février par la cour d’appel de Paris des «procédures de sauvegarde» sur la société propriétaire de l’immeuble Cœur Défense et sa holding est une bonne nouvelle pour le marché français des titres adossés à des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS). Par cette décision, la cour confirme l’efficacité de la «cession Dailly», la cession de créances commerciales à titre de garantie, qui avait fait l’objet d’un appel par l’emprunteur. Du coup, les créanciers reprennent le plein contrôle des loyers, qui ne sont plus mis sous séquestre et servent à nouveau à payer les intérêts aux investisseurs du fonds commun de titrisation (FCT) Windermere XII. Celui-ci avait financé à hauteur de 1,6 milliard d’euros le rachat de la tour par trois fonds de Lehman Brothers et GE Real Estate.
Ces décisions sont «clairement bénéfiques» aux détenteurs de titres de dette Windermere XII, aux autres créanciers subordonnés et aux autres CMBS français en général, selon l’agence de notation Fitch. Pour Jean-David Cirotteau, analyste ABS chez SG CIB, cette décision renforce en général la jurisprudence des CMBS en France existants et futurs. Toutefois, peu de CMBS français ont été structurés exactement sur le modèle Cœur Défense, et une grande partie est inclue dans des portefeuilles paneuropéens.
Pour Fitch, ces décisions «réduisent l’incertitude associée au processus de traitement des special purpose vehicles (SPV) emprunteurs autres que des FCT à travers le secteur». Au vu du raisonnement de la cour, l’agence estime qu’«il demeure possible pour un véhicule dédié autre qu’un FCT d’obtenir une protection par sauvegarde s’il prouve qu’il a actuellement des difficultés à exécuter ses activités». Mais «dans le cas des CMBS français, si un revenu locatif a été transféré au prêteur au travers d’une cession Dailly, et donc n’appartient plus à l’emprunteur, il apparaîtrait qu’aucun plan de réorganisation important ne puisse être conçu».
Selon Jean-David Cirotteau, «la cour d’appel a aussi confirmé qu’un créancier individuel avait le droit de faire appel de la décision de procédure de sauvegarde dans des «circonstances spécifiques». Ainsi, un créancier peut contester la procédure de sauvegarde quand le débiteur concerné a détourné le but de la procédure de sauvegarde pour imposer une renégociation d’un contrat ou pour échapper à l’application d’un droit contractuel».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles -
PARTENARIATLes trois leviers structurels qui maintiennent les marchés mondiaux de l'énergie en équilibre
Entre choc et résilience, la crise au Moyen-Orient offre l’opportunité d’analyser comment les marchés énergétiques s'adaptent grâce à des mécanismes structurels. -
PARTENARIAT« La poche satellite de dette privée de Sienna Trésorerie Plus constitue sa principale source de rendement. Cet alpha représente l’innovation du fonds »
Entretien avec Thomas Brulat-Aulan, Directeur de la gestion Taux, et Pierre-Antoine Nonotte-Varly, Directeur du développement, de Sienna. -
GoldenTree boucle son 30e CLO de dette US, à 726 millions de dollars
Comptant parmi les plus importants gérants indépendants de dette, la firme new-yorkaise a bouclé son trentième véhicule adossé à des prêts à des entreprises américaines. -
TotalEnergies doit inclure les émissions de scope 3 dans son plan de vigilance
Le tribunal judiciaire de Paris donne six mois au pétrolier pour compléter sa cartographie des risques et y inclure les mesures nécessaires. Retour devant le juge le 21 janvier 2027 pour un contrôle. -
Safran discute d'une offre de 2,2 milliards d'euros sur Exail Technologies
L'équipementier aéronautique négocie avec la famille Gorgé un rachat de son bloc de 41 % du capital du spécialiste des drones sous-marins au prix de 128,50 euros par action. Une telle reprise entraînerait une OPA sur le pensionnaire du SBF 120.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés -
CoincésComment les Néerlandais, et les Européens en général, restent dépendants des Etats-Unis face à la Chine
Tout en critiquant le projet de loi américain qui interdirait aux fabricants chinois de puces électroniques d’accéder aux équipements occidentaux, La Haye vient d'adhérer à la « Pax Silica », l’initiative menée par Washington visant à exclure la Chine des chaînes d’approvisionnement en puces d’IA