Le Canadien Mark Carney ravit à la surprise générale les clés de la Banque d’Angleterre
Sensation hier chez les bookmakers anglais. A la surprise générale, le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, a annoncé la nomination de Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada et président du Conseil de stabilité financière, à la tête de la Banque d’Angleterre. Il sera le premier gouverneur étranger aux commandes de l’institut d’émission britannique, vieux de 318 ans. Le gouverneur actuel, Mervyn King, quittera son poste le 30 juin prochain.
C’est un coup de Trafalgar pour Paul Tucker, le vice-président de la Banque d’Angleterre, dont le nom circulait avec insistance au sein de la City. Parmi les autres candidats pressentis figuraient également Lord Adair Turner, président de la Financial Services Authority (FSA), Sir John Vickers, auteur du rapport sur la réforme bancaire, ou encore Glenn Stevens, gouverneur de la Banque d’Australie.
Issu de la banque d’investissement – il a fait ses classes chez Goldman Sachs, à l’instar d’un autre banquier central de premier plan (Mario Draghi) - Mark Carney, qui avait déclaré ne pas être candidat au poste, peut faire valoir une solide expérience. Comme le rappelle Rob Carnell, économiste chez ING, «le Canada est sorti de la crise financière mondiale en meilleure forme que n’importe quel autre pays du G7, avec une dette publique plus basse et un système financier plus solide».
Considéré comme un «faucon», la banque centrale canadienne restant d’ailleurs le seul institut d’émission du G7 à adopter une tendance au resserrement, Mark Carney devrait toutefois prendre en compte la situation bien particulière du Royaume-Uni. «Rien de tout cela ne devrait changer dans l’immédiat les décisions prises par la BoE. Le dispositif «funding for lending» (programme de soutien au financement, ndlr) reste jusqu’à présent une initiative politique majeure, et son succès ou non devrait déterminer si le programme de rachats d’actifs est dépoussiéré une fois de plus, ou est éludé», note Rob Carnell.
Du côté d’Ottawa, c’est l’incertitude qui règne en maître. Le dollar canadien s’est affaibli hier face au dollar américain alors que le nom du successeur de Mark Carney restait encore inconnu. Le vice-gouverneur Tiff Macklem paraît le mieux placé pour le poste, estiment les économistes et gérants canadiens.
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