Le CAE recommande à la France de renforcer sa compétitivité hors-prix
Pour regagner des parts de marchés à l’international, la France ne doit pas se contenter d’alléger le coût du travail mais elle doit aussi renforcer sa compétitivité hors-prix, en défendant mieux la propriété industrielle et en favorisant au maximum la réallocation du travail et du capital vers les entreprises les plus productives, selon le groupe d'économistes chargés de conseiller le gouvernement.
Le Conseil d’analyse économique (CAE) s’est penché, dans une note publiée hier, sur les raisons qui permettent d’expliquer la baisse des parts de marché de la France à l’exportation. Certes la montée en puissance des pays émergents les réduit mécaniquement. Cependant, entre 1995 et 2013, les parts de marché de la France pour les biens et les services ont reculé de 42%, quand celles du Royaume-Uni et de l’Allemagne ne baissaient respectivement que de 27% et 21%.
La spécialisation géographique ou sectorielle de la France, l’insuffisance des aides à l’exportation ou encore les questions de financement n’expliquent pas la mauvaise performance française, selon les quatre auteurs de la note (qui se sont concentrés sur les exportations de biens). «Quand on vend le même produit sur le même marché que nos concurrents, nous perdons des parts de marchés», explique Lionel Fontagné. Pourquoi ? «Le rapport qualité-prix des produits français n’est pas bon et s’est plutôt détérioré», souligne-t-il.
La France n’est pas la dernière de la classe en matière de qualité des biens, soulignent les économistes qui se sont efforcés d’isoler la compétitivité hors-prix. Avec ses champions de l’aéronautique, de la maroquinerie ou du vin, elle se place 7e parmi les pays de l’OCDE (l’Allemagne, l’Italie et la Suisse occupent le podium) si on s’en tient au nombre de secteurs par pays faisant partie des dix meilleurs en termes de compétitivité hors-prix. Cependant, entre 2008 et 2013, la compétitivité hors-prix de la France a sensiblement diminué.
Pour remonter la pente, les économistes préconisent de mener des politiques pour stimuler l’innovation et la montée en gamme. Plus spécifiquement, ils recommandent de faire de la défense de la propriété intellectuelle une priorité. Surtout, il s’agit à leurs yeux de lever les rigidités sur les marchés du travail, des biens et des services pour favoriser la réallocation des facteurs de production vers les entreprises les plus productives. Les économistes recommandent par ailleurs de rester attentif à la compétitivité-prix et à l’impact du récent Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) sur le coût du travail.
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