Le Bundestag vote à contre-cœur une nouvelle réforme de l’EFSF
Le Parlement allemand se prononce dans l’après-midi. Berlin refuse que le sommet européen fasse mention du programme d’achat de la BCE
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Lothar Gries, à Francfort
Le Bundestag. Photo: Michele Tantussi/Bloomberg.
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Et si le Bundestag disait non aux leviers censés multiplier par quatre ou cinq la force de frappe de l’EFSF ? L’hypothèse a peu de chances de devenir réalité. Le oui devrait l’emporter – malgré l’opposition d’un petit nombre de parlementaires du camp de la chancelière Angela Merkel.
C’est l’opposition sociale-démocrate et écologiste qui avait réclamé un nouveau vote en séance plénière en raison de l’ampleur des décisions attendues. La chancelière a rapidement retenu cette option, sachant les réticences accrues d’une large partie de la population en faveur d’un sauvetage de la Grèce ou d’autres pays périphériques en difficultés. Elle exposera d’abord la position du gouvernement avant de demander dans l’après-midi aux députés de se prononcer. Pour la chancelière le vote du Parlement est aussi une façon de signaler une nouvelle fois à ses partenaires européens que les concessions demandées ne sont pas une simple formalité.
Angela Merkel a par ailleurs expliqué qu’elle refusera de se prononcer en faveur d’une poursuite du programme d’achat d’obligations publiques par la BCE, alors que les autres Etats souhaitaient faire figurer ce point dans le communiqué final à l’issue du sommet qui débute aujourd’hui à 18 heures. Une concession en faveur des députés de son parti, majoritairement hostiles à ces transactions. On touche là au nœud du problème: Berlin se refuse à employer la puissance de feu illimitée de la banque centrale, alors même que la réforme de l’EFSF se heurte à de nombreux obstacles techniques et financiers (notre édition d’hier).
Lors du dernier vote du Bundestag sur l’EFSF le 29 septembre, 15 des 330 députés de la coalition au pouvoir s'étaient prononcés contre les propositions de sauvetage de la Grèce, ainsi que la totalité des parlementaires du parti de la gauche (Die Linke). Les réfractaires, menés par Wolfgang Bosbach de la CDU, ont annoncé hier leur intention de renouveler leur «non». «Nous avons la crainte que l’effet de levier prévu pour l’EFSF dédoublera d’autant le risque pour l’Allemagne de voir ses garanties de 211 milliards d’euros se transformer en dépenses réelles», a expliqué Wolfgang Bosbach.
Il n’est donc pas certain que le gouvernement soit en mesure d’obtenir à lui seul la majorité de 311 voix sur 620. Reste que le vote du Parlement en faveur de l’EFSF sera garanti puisque les écologistes ont d’ores et déjà signalé leur feu vert.
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