Le budget slovène dérape sur fond de difficultés bancaires persistantes
Les parlementaires slovènes ont acté jeudi dernier un budget avec un déficit de 7,9% du PIB à la fin de l’année. Le pays doit dévoiler d’ici à la fin du mois les résultats de l’audit indépendant du secteur bancaire. Ils permettront de juger de la fragilité du pays, vu par certaines économistes comme le prochain bénéficiaire d’un plan de sauvetage européen.
Après avoir obtenu de la Commission deux ans de plus que prévu, soit jusqu’à 2015 pour ramener son déficit à 3% du PIB, la Slovénie vient d’adopter un budget rectificatif. Le déficit de l’Etat central devrait atteindre 4,4% du PIB (contre 2,8% prévu). Aide aux banques comprise, le déficit général représentera 7,9% du PIB (contre 4% en 2012).
«Nous avons dû réviser le budget car le projet du précédent gouvernement était complètement irréaliste et parce que les conditions économiques se sont malheureusement dégradées», a expliqué la chef de la coalition gouvernementale de centre-gauche, Alenka Bratusek.
La croissance slovène a reculé plus que prévu au premier trimestre à - 4,8% au sur un an. Le gouvernement s’attend à ce que le PIB se contracte de 2,4% cette année après un repli de 2,3% en 2012. «Un retour à une croissance positive est possible en 2014, mais nécessitera la résolution des problèmes du secteur bancaire et la restructuration du secteur privé», estiment les économistes de Barclays. Ceux-ci s’attendent à ce que, aide au secteur bancaire comprise, la dette dépasse les 70% du PIB en 2013. «Nous croyons que le gouvernement peut éviter un plan de sauvetage compte tenu du niveau relativement faible de sa dette».
Les économistes de Citi estiment au contraire que même si la dette slovène est bien plus soutenable que celle des autres pays périphériques, l’Etat sera le sixième de la zone à recevoir un plan d’aide de ses partenaires européens en 2014. «Pour le gouvernement, il serait censé d’un point de vue économique de demander une assistance financière du Mécanisme européen de stabilité pour couvrir les coûts de recapitalisation» des banques, disent-ils.
Les besoins de recapitalisation sont estimés à près de 1 milliard par la banque centrale. Pour aider les banques confrontées à un taux élevé de prêts non performants, l’Etat a créé une structure de défaisance. La Commission a toutefois demandé au gouvernement de ne pas précipiter les restructurations avant d’avoir reçu les résultats d’un audit indépendant du secteur, commandé à Oliver Wyman et Deloitte.
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