Le budget 2012 de la France est bâti sur des hypothèses peu réalistes
Bercy présentera le 28 septembre un projet de budget qui tient du numéro d’équilibriste. Volontarisme politique oblige, les projets de lois de Finances sont toujours bâtis sur des prévisions de croissance pour le moins optimistes. Mais à l’heure où la crédibilité des Etats, y compris de la France, est directement mise en cause par les marchés, l’hypothèse de croissance 2012 paraît déconnectée de la réalité. Ramenée cet été de 2,25% à 1,75%, elle reste largement supérieure aux estimations des économistes.
Le consensus Bloomberg tablait encore il y a quelques jours sur une croissance médiane de 1,3% du PIB en 2012. Mais plusieurs banques viennent de revoir leurs prévisions pour la zone euro et la France à la lumière des dernières statistiques, comme les indices PMI du 22 septembre, et de l’aggravation de la crise financière. Bank of America Merrill Lynch a ramené de 1,7% à 1% son hypothèse de croissance française pour 2012. BNP Paribas et Morgan Stanley sont encore plus pessimistes, à 0,9% chacune.
Plus grave, les agents économiques sont sur cette ligne pessimiste. L’indice de confiance des ménages et celui du climat des affaires sont en chute libre en septembre, a indiqué vendredi l’Insee. Les anticipations de chômage ont bondi de 23 points entre juillet et septembre.
Le FMI, pourtant à la traîne en matière de révisions à la baisse – le Fonds table encore sur 1,4% de croissance en France en 2012 – avait déjà souligné cet été la propension française à surestimer systématiquement sa croissance. Ce qui conduit Paris à rater depuis des années ses engagements de réduction des déficits (lire aussi L’Agefi Hebdo du 15 septembre). L’exercice se complique encore plus cette année en raison des échéances électorales de la mi-2012, qui repoussent à la prochaine législature les ajustements nécessaire pour tenir l’objectif de déficit de 4,5% du PIB.
L’Agence France Trésor présentera aussi mercredi son programme de financement à moyen long terme. «Nous estimons les besoins de financement à 180-185 milliards d’euros en 2012, sur la base d’un déficit de 78 milliards et de tombées de 105,5 milliards, indique la recherche marchés de BNP Paribas. Ce chiffre est presque en ligne avec les besoins de cette année, de 184 milliards. En revanche, les émissions nettes vont baisser, à 75-80 milliards contre près de 90 milliards en 2011».
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