Le Brexit affecterait peu les grosses économies européennes
Les petites économies européennes seront les plus touchées selon S&P Global Ratings, qui dévoile son «Indice de Sensibilité au Brexit»
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Benjamin Poyet
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L’Irlande, Malte, Chypre et le Luxembourg seront les économies les plus affectées par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. L’indice, construit en rapportant la balance commerciale des pays vers le Royaume-Uni à leur PIB, à leur flux migratoires et à leur flux financiers vers la Grande Bretagne, permet de prévoir que les conséquences seraient essentiellement européennes. Sur les vingt pays les plus touchés par l'éventuel Brexit, seulement un (le Canada) n’est pas en Europe.
Les conséquences d’un Brexit affecteront donc avant tout l’Irlande, dont l’économie est très imbriquée avec celle de son voisin britannique. Le BSI (Brexit sensitivity Index) atteint 3,4 – soit le niveau le plus élevé pour les pays partenaires du Royaume-Uni. De même, les petites économies, ouvertes au commerce international (Pays-Bas), ayant des liens historiques avec la Grande-Bretagne (Chypre, Malte), ou ayant tissé des liens financiers très forts (Luxembourg, Suisse), se retrouveront en première ligne en cas de sortie de l’UE.
C’est avant tout par le canal financier que les conséquences du Brexit se communiqueront aux autres pays européens. Mais des grands pays européens, comme la France ou l’Allemagne dont les indices sont à 0,8, ne semblent pas être affectés de manière brutale dans ce scénario. L’impact pour la France passera pour 62% par les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) entrants et dans une moindre mesure (25%) par les exportations.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
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