Le Brésil tente de ranimer son économie engluée dans la stagflation
La banque centrale a pris de nouvelles mesures pour relancer l’offre de crédit. Des mesures qui pourraient buter sur le niveau élevé des taux
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Patrick Aussannaire
Le Brésil remet de l’huile dans les rouages. Les perspectives économiques atones au sein de la première économie sud-américaine ont contraint les autorités du pays à lancer un nouveau plan de relance du crédit. Après avoir injecté 45 milliards de réaux (15 milliards d’euros) il y a seulement trois semaines dans le secteur bancaire en assouplissant les règles de dépôts obligatoires ainsi que le calcul des risques de certains prêts, la banque centrale (BCB) a décidé mercredi de réduire ses exigences en termes de capitaux propres à hauteur de 15 milliards de réaux. Une mesure qui pourrait entraîner une hausse des prêts de quelque 140 milliards, selon les estimations de la banque centrale, et qui s’accompagne d’incitations à rediriger 10 milliards de réaux supplémentaires vers l’octroi de nouveaux crédits.
«Nous espérons que ces mesures améliorent l’accès des PME au crédit et renforcent les échanges internationaux», a indiqué la BCB. Pourtant, avec un taux directeur Selic maintenu à un niveau élevé de 11% pour calmer les tensions inflationnistes, les économistes sont dubitatifs quant à la capacité des banques à attirer une demande supplémentaire de crédit. A mi-août, l’inflation a ainsi atteint 6,49%, juste en deçà du haut de la fourchette fixé par la BCB de 6,5%. Malgré des taux réels d’environ 450 points de base, les plus élevés au monde, le réal s’est apprécié de seulement 3% contre dollar depuis avril à 2,256, un niveau encore inférieur de 8% à celui atteint en février dernier. Et ceci malgré le fait que la BCB continue d’intervenir sur le marché des changes, à hauteur d’un milliard de dollars la semaine dernière.
Pourtant, l’économie brésilienne est engluée dans la stagflation et fait face à une incertitude politique quant à la réélection de Dilma Rousseff à la tête du pays. Sur le deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 1,2% sur un an, et devrait atteindre 0,2% d’un trimestre sur l’autre, selon Barclays. Le consensus table sur une croissance anémique de 1% et de 1,5% en 2015. Pourtant, «l’environnement global favorable aux opérations de portage a permis au réal et à la courbe des taux de rester à peu près stables malgré la détérioration des fondamentaux économiques. Mais lorsque cet environnement se retournera (certainement suite à la remontée des taux américains), l’impact sur les marchés brésiliens devrait être significatif», alerte SG CIB.
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