Le Brésil sort les grands moyens pour enrayer la chute du réal
Pris dans la tourmente des marchés émergents, le Brésil renforce son arsenal pour tenter d’enrayer la dégringolade de sa monnaie. La Banque centrale du Brésil (BCB) va consacrer plus de 50 milliards de dollars supplémentaires jusqu'à la fin de l’année à la défense du réal. Celui-ci vient de perdre 9% en seulement un mois face au dollar, pour tomber à son plus bas niveau depuis cinq ans. Il a perdu près de 20% en un an, bien plus que toutes les autres grandes devises émergentes.
La BCB proposera au marché 500 millions de dollars par jour les lundis, mardis, mercredis et jeudis, sous forme de swaps. Le vendredi, la Banque centrale organisera des enchères pour vendre, avec promesse de rachat, des lignes de crédit d’une valeur d’un milliard de dollars. A raison de 3 milliards de dollars offerts par semaine, la BCB consacrerait ainsi 54 milliards de dollars à la défense de sa monnaie nationale, précisant que «si elle le jugeait approprié, elle réaliserait des opérations additionnelles». En un an, avec les mesures déjà adoptées en début d’année, la banque centrale brésilienne aura ainsi mobilisé près de 100 milliards de dollars pour défendre sa monnaie. Mi-août, ses réserves de changes s’élevaient à un peu plus de 373 milliards de dollars. Le comité de politique monétaire de la Banque centrale du Brésil se réunira mercredi.
Engagée au printemps, la dépréciation du réal s’est accélérée ces dernières semaines sous l’effet de la fuite des capitaux des pays émergents vers les Etats-Unis afin de profiter de la remontée des taux américains promise par le ralentissement du programme de rachats d’actifs de la Réserve fédérale. Mais la dépréciation est également accentuée par les difficultés propres du Brésil, en proie à une inflation galopante. Afin de tenter de l’enrayer, la Banque centrale a relevé son taux d’intérêt en juillet pour la troisième fois consécutive, pour le porter à 8,5%. De quoi permettre de contenir l’inflation à 6,27% sur douze mois en juillet, sous le plafond de 6,5% fixé par le gouvernement.
Revers de la médaille, la croissance souffre. Vendredi, la prévision annuelle a été abaissée à 2,5% pour 2013, bien moins que les 4% encore attendus auparavant. En 2012, le taux de croissance du Brésil devrait remonter à 4%, contre une prévision initiale de 4,5 %.
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