Le Brésil poursuit le réajustement de sa politique monétaire
Le Brésil se joint au concert d’assouplissement mondial. La banque centrale du Brésil a annoncé hier soir avoir procédé à un nouvelle baisse de son taux directeur (taux Selic) de 50 bp pour le ramener à 11%. Si la décision fin août du Copom d’interrompre le cycle de hausse en réduisant le taux directeur de 50 bp avait surpris les marchés, la décision d’hier était anticipée par les 32 analystes interrogés par Reuters. Elle fait cependant suite à l’intervention concertée des grandes banques centrales mondiales ainsi qu’à la baisse du ratio des réserves obligatoires décidée par Pékin. En novembre, plus de 3.000 milliards de dollars ont été retirés des marchés actions et le real s’est affaibli de 5,1%.
«La banque centrale estime qu’en réduisant en temps opportun les effets d’un environnement global plus restrictif, un ajustement modéré du taux de référence est cohérent avec le scénario d’une convergence de l’inflation vers son niveau cible en 2012» indique le communiqué. Si l’inflation reste encore hors de la cible de 4,5% plus ou moins 2% de la banque centrale, elle a donné des signes d’apaisement en passant sous les 7% à 6,69% à la mi-novembre. Parallèlement, le gouvernement anticipe un fort ralentissement de la croissance à 3,5% en 2011, après 7,5% en 2010. Une enquête de la banque centrale estime même que la croissance pourrait tomber à 3,1% cette année. «Les données économiques locales montrent que le Brésil n’est pas immunisé contre les effets de la crise extérieure» estime Luciano Rostagno, chef économiste chez WestLB.
Le terme «modéré» utilisé par la banque centrale indique qu’elle compte imprimer une nouvelle baisse de même ampleur à sa prochaine réunion. « La seule chose qui pourrait pousser la banque centrale à accélérer ses baisses de taux serait une dégradation de l’environnement en zone euro» estime Barclays Capital. Pour l’heure, les marchés anticipent un taux Selic à 9,25% en juillet 2012.
Une décision qui vient soutenir l’action récente du gouvernement, saluée par S&P, pour tenter de protéger l'économie face aux impacts de la crise mondiale. «Le crédit montre des conditions restrictives avec une hausse des défauts de paiement, et le marché du travail a déjà montré des signes de ralentissement» indique Luciano Rostagno. Selon le journal Estado, le gouvernement envisagerait de réduire l’impôt sur les opérations financières sur les prêts aux particuliers afin de soutenir le crédit et la croissance.
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