Le Brésil lance un nouveau plan de relance ciblé sur les infrastructures

Las d’attendre de nouvelles baisses de taux directeurs, le gouvernement investit 53 milliards d’euros en infrastructures pour relancer l’activité
Patrick Aussannaire

Cap sur la croissance au Brésil. Puisque la banque centrale ne semble pas pressée de baisser une nouvelle fois ses taux directeurs, le gouvernement de Dilma Roussef prend le taureau par les cornes en lançant un programme de relance de 133 milliards de réaux (53,5 milliards d’euros). Le gouvernement a annoncé mercredi la mobilisation de 79,5 milliards de réaux sur cinq ans et 133 milliards sur 30 ans d’investissements en infrastructures, notamment par la création de partenariats public-privé (PPP) et l’octroi de nouvelles concessions routières, ferroviaires, de ports et d’aéroports.

Ce programme sera en partie financé par la banque publique de développement (BNDE). «Il y a beaucoup de capitaux étrangers logés dans les banques cherchant à être investis dans des projets viables, et le Brésil en possède», estime le milliardaire brésilien et président du groupe EBX, Eike Batista.

Outre les besoins générés par l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014 et des Jeux olympiques en 2016, le plan vise à stimuler l’activité du pays, en perte de vitesse dans un contexte de dégradation de la conjoncture mondiale. Dilma Roussef compte sur ce nouveau programme pour que l’économie brésilienne franchisse le seuil de 5% de croissance.

Le gouverneur de la banque centrale du pays, Alexandre Tombini, a indiqué fin juillet que l’activité devrait croître à un rythme de 4% au second semestre. «La situation s’est stabilisée», a-t-il ajouté. La croissance est tombée de 7,5% en 2010 à 2,7% en 2011. Elle devrait encore ralentir à 1,85% cette année selon la dernière enquête réalisée par la banque centrale, qui table sur 50 à 75 pb de baisse du taux Selic d’ici la fin de l’année.

«Ce plan reflète la réorientation de la politique publique de relance de l’activité vers l’offre plutôt que vers la demande afin de réduire les coûts des entreprises qui ont vu leur productivité se détériorer du fait de l’appréciation du réal, de l’alourdissement de la facture salariale, du renchérissement des matières premières et de l’insuffisance de l’infrastructure» estime Aurel BGC.

Cependant, étalé sur cinq, il ne représente qu’un surcroît d’investissement équivalent à 0,5 point de PIB. Les économistes estiment que pour que le taux d’investissement du pays de 18% rejoigne celui des pays émergents, 5 points d’investissements supplémentaires par an sont nécessaires.

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