Le Brésil est prêt à accepter une appréciation modérée du real
Un jour après que le FMI a approuvé l’utilisation du contrôle des capitaux pour limiter les risques inflationnistes, le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, a annoncé cette nuit l’extension de la taxe de 6% appliquée sur les crédits pris par les banques et entreprises à l'étranger. Le délai sera désormais de deux ans, contre un an auparavant. Le but est de freiner l’entrée de dollars qui pousse le real à la hausse. La monnaie brésilienne est passée sous la barre symbolique des 1,60 pour la première fois depuis août 2008, avant de revenir à un niveau proche de 1,61 real pour un dollar après l’annonce des mesures. Le real a chuté de près de 40% en deux ans.
Mettant régulièrement en cause la politique monétaire ultra accommodante des Etats-Unis et la sous-évaluation du yuan, Guido Mantega explique que «le marché international dispose de beaucoup de liquidité, il existe beaucoup de crédits avec les politiques monétaires des Etats-Unis et de l’Europe. Il y a un excès de crédits bon marché». La présidente, Dilma Rousseff, doit se rendre en Chine la semaine prochaine pour une réunion des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), alors qu’elle subit une forte pression de la part du principal syndicat brésilien, l’Union générale des travailleurs, pour faire cesser les importations de produits chinois à bas prix.
La banque centrale brésilienne a indiqué que les entrées de capitaux dans le pays ont atteint 12,7 milliards de dollars en mars, contre 7,4 milliards en février. Ils se montent à un total de 36 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit 12 milliards de plus que pour l’ensemble de l’année dernière. Le Brésil devrait en outre attirer quelque 55 milliards en investissements directs étrangers cette année, notamment du fait de l’attractivité des ses taux d’intérêt. «Le Brésil est l’un des marchés au monde les plus attractifs grâce à ses taux d’intérêt» estime Alfredo Coutino, directeur de l’Amérique Latine chez Moody’s.
Alors qu’elle a relevé ses prévisions d’inflation pour 2011 à 5,6%, pour un objectif initial de 4,5%, la Banque centrale du Brésil devrait poursuivre le relèvement du taux Selic, à 11,75%. En poursuivant le resserrement de ses conditions monétaires, le Brésil fait clairement le choix d’accepter une appréciation du real modérée par les mesures de contrôle des capitaux, au profit de la lutte contre l’inflation.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion. -
L'espace, nouvelle frontière des centres de données
Satelliser des infrastructures cloud permettrait d'apporter une solution aux contraintes terrestres (disponibilité énergétique, foncier, accès à l'eau) susceptibles d'entraver le développement spectaculaire de l'intelligence artificielle (IA). -
L’économie américaine a détruit des emplois en juillet
Le marché du travail s’est contre toute attente affaibli le mois dernier aux Etats-Unis, avec 23.000 pertes d’emplois. Les actions accélèrent à la hausse, les taux se resserrent et le dollar recule. La hausse de taux de la Fed de septembre se trouve remise en question.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Apollo va créer un pôle stratégique pour l’innovation
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur