Le Brésil arrive au bout de sa politique d’assouplissement monétaire
La banque centrale brésilienne coupe le robinet. Tout en décidant hier de baisser le taux Selic de 25 pb pour le ramener à 7,25%, son plus faible niveau historique, le comité de politique monétaire (Copom) a précisé que «la stabilité des conditions monétaires pour une période suffisamment prolongée est la stratégie la plus adaptée pour garantir la convergence de l’inflation vers son niveau cible, même si elle se fait d’une manière non linéaire».
A l’instar de la Fed, il s’agit d’un message clair que le cycle d’assouplissement entamé en août 2011 et qui s’est traduit par des baisses de taux cumulées de 525 pb, est arrivé à son terme et que le taux Selic sera maintenu à 7,25%.«Le fait qu’il y ait un vote partagé est une autre indication montrant que la probabilité d’une nouvelle baisse de taux est proche de zéro», ajoute Thiago Carlos, économiste chez Link Investimentos. Trois membres sur huit ont en effet opté pour le statu quo.
La baisse des taux d’intérêt était pourtant l’une des priorités de la présidente Dilma Roussef pour stimuler l'économie. Le taux d’intérêt moyen annuel des crédits à la consommation au Brésil reste élevé à 35,6% en août, même s’il est tombé à son plus bas niveau depuis 1994, et celui des prêts aux entreprises à 23,1%. S&P s’inquiétait fin juillet du niveau d’endettement des ménages, qui atteint 42% de leur revenu disponible.
Le taux de défaut sur ces crédits s’est d’ailleurs maintenu à 7,9%, un plus haut depuis les 8% atteints en novembre 2009. De manière globale, le FMI a révisé à la baisse sa prévision de croissance de l’activité d’un point à seulement 1,5% en 2012, et la banque centrale à 1,6%, après 7,5% en 2010.
«Nous commençons juste à voir les effets positifs sur l’économie brésilienne des baisses de taux qui ont débuté il y a plus d’un an», estime néanmoins Will Landers, gérant Amérique latine chez BlackRock, qui anticipe un rebond de la croissance à partir du second semestre, malgré le ralentissement de l’économie mondiale.
Un sentiment partagé par le FMI qui table sur 4% de croissance en 2013. La croissance du crédit a atteint 17% en août et représente près de 50% du PIB contre 27% en 2002, selon S&P. Dans le même temps, l’inflation est remontée à 5,28% en septembre, et les marchés anticipent qu’elle atteigne un point de plus que le rythme de 4,5% visé par la banque centrale.
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