Le bond des déficits extérieurs japonais stoppe l’ascension du yen
Depuis fin janvier, le dollar s’est apprécié de 7% par rapport à la monnaie japonaise pour laquelle la demande ralentit
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Violaine Le Gall
Depuis plusieurs mois, la monnaie japonaise a fait figure de valeur refuge, passant de 110 pour un dollar en août à 87 mi-décembre. Mais le yen montre à présent des signes d’essoufflement. Il s’établissait à environ 96 pour un dollar hier.
Les mauvaises nouvelles pesant sur la monnaie japonaise se sont en effet multipliées. Au second semestre 2008, la balance commerciale a affiché un déficit de 778,6 milliards de yens (6,4 milliards d’euros) alors que, un an auparavant, elle enregistrait encore un excédent de 685 milliards de yens. «Toutes choses égales par ailleurs, le yen est très vulnérable à cette détérioration spectaculaire», souligne Derek Halpenny, responsable européen de la recherche sur les devises chez MUFL.
Les capitaux sortent en outre à un rythme soutenu. Sur la deuxième semaine de février, la demande hebdomadaire de titres étrangers de la part d’investisseurs japonais a atteint son plus haut niveau depuis octobre 2005. «Ce mouvement n’est pour l’heure pas suffisamment conséquent pour remettre en question nos considérations de valorisation, tempère Carole Laulhere, à la recherche change chez Société Générale. Toutefois, ceci reste un thème à suivre de près.»
Globalement, alors que la somme des investissements directs à l’étranger, des investissements de portefeuille et de la balance des paiements courants était excédentaire de 27.400 milliards de yens en novembre 2007, elle est devenue déficitaire à hauteur de 18.000 milliards de yens un an plus tard. Par ailleurs, les principales positions de portage en yen ayant déjà été débouclées, la devise japonaise est dorénavant privée de l’un de ses facteurs de soutien des derniers mois.
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