Le BIPE veut simplifier l’analyse financière des sociétés non cotées
Le BIPE, société de conseil en stratégie, veut proposer aux professionnels, notamment financiers, d’accéder en quelques clics à des données pertinentes sur les entreprises non cotées pour se faire un avis sur leur santé financière. Fruit de près de deux ans de travail, l’outil développé est en train d’être présenté aux entreprises et doit être déployé pour un certain nombre d’entre elles d’ici à septembre.
Créé en 1958 par l’Etat et de grandes sociétés pour se doter d’un outil de prévision, le BIPE est aujourd’hui une entreprise privée indépendante. Elle veut capitaliser sur son expertise de modélisation ainsi que sur les nouvelles technologies qui permettent de traiter systématiquement un nombre considérable de données pour fournir des informations clé sur les entreprises.
L’outil fait partie de ceux qui entendent accompagner le mouvement de désintermédiation du financement des PME et ETI. Le développement des placements privés (EuroPP) auprès d’entreprises n’ayant pas l’habitude de se financer par le marché a déjà poussé l’agence de notation Standard & Poor’s à lancer il y a près de deux ans un service «d’évaluation» dédié aux ETI, alternatif à la notation. Si la société assure qu’elle a déjà attribué des évaluations parmi les quelque 550 sociétés qu’elle analyse, elle se refuse à préciser leur nombre.
«On est dans la rupture, explique Pascal Le Merrer, le président du BIPE. «C’est un système d’analyse qui se veut être utilisable par le plus grand nombre à un prix qui n’a rien à voir avec une notation». L’outil se présente sous la forme d’un portail internet mais il peut être directement connecté sur les systèmes des entreprises. Avec une échelle alphanumérique, le BIPE propose aux utilisateurs d’évaluer la santé financière des entreprises selon les critères de rentabilité, solvabilité et liquidité. Il traite pour cela les données légales que 1,4 million de sociétés déposent auprès des tribunaux de commerce.
Le BIPE calcule selon sa propre méthode une probabilité de défaut. Surtout, il offre la possibilité de mettre en perspective les performances des entreprises au regard de celles de leurs secteurs et de ses propres prévisions. Pour affiner leurs analyses, les utilisateurs peuvent paramétrer eux-mêmes l’outil. Si ce dernier ne propose pas une notation comme le font les agences, le BIPE, qui ne cache pas ses ambitions d’analyse des sociétés à l’international, réfléchit déjà à évoluer vers ce statut.
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