Le bipartisme fait preuve de résistance en Espagne
Le parti conservateur est arrivé en tête des élections législatives ce dimanche, devant le parti socialiste. La déception est manifeste pour le mouvement Podemos, allié aux néocommunistes.
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Antoine Duroyon
Le congrès espagnol à Madrid.
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Photo DR.
Après le vote surprise des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne jeudi dernier, un autre scrutin très attendu sur la scène européenne a lui aussi déjoué les pronostics. Alors que les instituts de sondage promettaient la seconde place du scrutin à l’alliance de la gauche radicale Unidos Podemos, celle-ci est finalement revenue au Parti socialiste (PSOE) qui se place derrière le Parti populaire (PP, droite). Après dépouillement de plus de 95% des bulletins de vote, les projections officielles créditaient hier soir la formation du Premier ministre sortant Mariano Rajoy de 33% des voix et 137 sièges, soit une légère amélioration par rapport à l'élection précédente (123 sièges) mais à bonne distance des 176 élus nécessaires pour atteindre la majorité absolue. En deuxième et troisième positions, le PSOE et Unidos Podemos réalisent des scores relativement proches de ceux de décembre, avec 23% des voix et 85 sièges pour les socialistes (contre 90) et 21% des voix et 71 élus pour le mouvement de Pablo Iglesias.
Avec 14 élus de plus au Parlement, Mariano Rajoy ressort comme le vainqueur de cette élection après six mois de blocage politique mais la sortie de l’ornière n’en apparaît pas moins ardue. Pour constituer une majorité stable, le parti conservateur peut se tourner vers les centristes de Ciudanos, une autre formation montante dans le paysage politique espagnol, qui récoltent 13% des voix et 32 sièges au Parlement (contre 40 précédemment), ainsi que vers les partis régionaux. «Nous avons gagné les élections (...) nous revendiquons le droit de gouverner», a déclaré Mariano Rajoy à ses partisans.
Le PSOE se place au centre du jeu mais les tractations pour bâtir une coalition avec Podemos et Ciudanos avaient échoué il y a six mois. Le grand perdant est Pablo Iglesias, le chef de file d’Unidos Podemos, l’alliance entre Podemos et le parti néocommuniste Izquierda Unida. L'éventualité de son accession à la tête du gouvernement avait gagné en intensité récemment. «Ces résultats ne sont pas satisfaisants pour nous. Nous avions des attentes différentes», a reconnu Iñigo Errejon, le numéro deux de Podemos. Loin du but recherché, à savoir dénouer une situation politique figée et donner un gouvernement stable à la quatrième économie de la zone euro, ce nouveau scrutin indique que le prochain parlement espagnol sera une nouvelle fois caractérisé par une forte fragmentation.
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