Le bassin d’obligations à rendements négatifs se réduit en Europe

Le rendement des obligations allemandes à cinq ans est repassé positif, sur fond de hausse des taux moyens et longs.
Ivan Best
Markit 3
Peter Praet, chef économiste et membre du directoire de la BCE.  - 

Insensiblement, depuis le début du mois de janvier, les taux d’intérêt à moyen et long terme remontent en Europe, et le mouvement s’est accéléré ces derniers jours. Ce lundi, le rendement du Bund (10 ans) a crû de 7 points de base, après avoir gagné 15 points en une semaine, et 26 points depuis le 8 janvier, atteignant, à 0,69%, un plus haut depuis novembre 2015. Les titres souverains émis ailleurs en Europe suivent bien sûr le mouvement. Parallèlement, les taux à 5 ans sont revenus en territoire positif, y compris en Allemagne, où il s’agit là d’une première depuis décembre 2015. Il y a un an, toutes les maturités inférieures à 7 ans affichaient un rendement négatif. Selon Tradeweb, 42% des 7.000 milliards d’obligations souveraines de la zone euro échangées sur ses plates-formes affichent encore des rendements inférieurs à zéro, contre 52% en juillet 2016.

Le contexte international contribue à ce phénomène de hausse des taux. Le rendement du 10 ans américain a dépassé les 2,70%, au plus haut depuis avril 2014. Mais la situation européenne l’explique aussi.

Les incertitudes sur l’attitude de la BCE face la politique de quantitative easing (QE) poussent les taux longs à la hausse. Dimanche, le président de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot, a plaidé pour un arrêt aussi rapide que possible des achats d’actifs, prévus jusqu'à fin septembre. Le chef économiste de la BCE, Peter Praet, lui a répondu ce lundi: il sera mis fin au QE seulement lorsque l’inflation reviendra vers son objectif, sans avoir besoin du soutien de la BCE, a-t-il réaffirmé. Cela n’a pas suffi à apaiser les tensions.

Les propos de Klaas Knot ont amplifié l’impact de la conférence de presse de Mario Draghi, le président de la BCE, jeudi, après la réunion de politique monétaire. «Même s’il s’est montré agacé par les commentaires de l’administration américaine [sur le dollar, ndlr], il n’a pas changé de ton par rapport aux minutes de la dernière réunion, qui avaient déjà provoqué un mouvement de hausse des taux en donnant le sentiment d’un début de changement de communication, moins axé sur le QE», explique Alexandre Baradez, analyste marchés chez IG, cité par Reuters. «Mario Draghi n’a pas cherché vraiment à contrer les propos américains en faveur d’un euro plus fort, cela a désappointé le marché», estiment pour leur part les stratégistes de SG CIB, qui s’attendent à une «correction concernant le milieu de la courbe des taux».

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