LCH.Clearnet va accepter de l’or en collatéral

Les membres des chambres sont demandeurs alors que la qualité des collatéraux traditionnels est remise en cause
Solenn Poullennec

Rien de tel que des garanties en or à l’heure où les titres d’Etats européens deviennent douteux. C’est ce dont atteste la chambre de compensation britannique, LCH.Clearnet qui a annoncé hier qu’elle allait accepter du métal jaune en collatéral à la fin du mois d’octobre, sous réserve d’obtenir l’aval du régulateur.

«L’or est une forme de collatéral idéale», assure David Farrar, le directeur de LCH.Clearnet, qui explique que ce sont les membres mêmes de la chambre qui ont appelé à un tel changement. Ce nouveau service sera disponible pour tous les intervenants du marché des métaux précieux de gré à gré et ceux du marché de l’or sur le Hong Kong Mercantile Exchange.

Ce n’est pas la première fois qu’une chambre de compensation se tourne vers le métal jaune. De l’autre côté de l’Atlantique, CME Clearing l’accepte comme collatéral pour toutes les transactions sur les dérivés. En Europe, Ice Clear Europe a suivi le mouvement en novembre 2010, en acceptant l’or comme garantie aux transactions sur les dérivés de crédit et d’énergie.

Dans un récent rapport, le World Gold Council, qui défend l’industrie aurifère se félicitait de l’intérêt des chambres de compensation pour le métal jaune. Un intérêt pas surprenant à ses yeux compte tenu de la demande des investisseurs, qui a plus que doublé sur les cinq dernières années à plus de 1.672 tonnes en 2010.

Cet engouement pourrait aller croissant. Selon le Conseil, «chercher de nouvelles sources de collatéral est au centre des préoccupations depuis que la qualité de crédit de beaucoup de collatéraux traditionnels comme les titres d’Etat européens s’est dégradée avec la crise de la dette souveraine».

«L’avantage de l’or est multiple : il ne présente pas, à la différence des autres actifs financiers, de risque de crédit, il y a un prix affiché en permanence, c’est un marché très liquide, enfin, c’est un actif contra-cyclique qui se comporte généralement bien en période de crise», commente Jean de Castries, directeur général d’Equinox Strategy.

Et d’ajouter qu’«à la suite des engagements du G20, il y a une très forte pression pour que les produits OTC passent par des chambres de compensation et cela va générer des besoins de collatéralisation très importants». Dans ce contexte, les intervenants du marché sont heureux d’avoir un nouvel actif éligible sous le coude.

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