L’axe franco-italien pour contrôler les investissements en Europe se consolide
Le vice-président de la Commission européenne Antonio Tajani ne désarme pas. Son idée d’un contrôle européen des investissements, sur le modèle de celui qu’exerce aux Etats-Unis le Committee on Foreign Investment in the US (CFIUS) n’est certes pas à la veille de se réaliser. Mais le «Monsieur Industrie» de l’équipe Barroso persiste à tenter de constituer une coalition politique. Il devrait évoquer le sujet aujourd’hui à Paris avec le ministre chargé de l’industrie, Eric Besson.
Le mois dernier, il a rallié son collègue français Michel Barnier, en charge du Marché intérieur, à sa cause. Les deux hommes ont cosigné un courrier au président de la Commission dans laquelle ils recommandent d’ouvrir le débat sur ce sujet jusqu'à présent tabou. «Nous voulons tester le sujet», indique-t-on dans l’entourage du vice-président. La lettre, qui souligne le besoin d’investissements étrangers, pose la question de l’intérêt d’un instrument de contrôle commun «comme le font les autres puissances économiques que sont la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis mais aussi plusieurs Etats européens».
«Probablement 99% des investissements ne posent aucun problème. Mais il faut pouvoir saisir le 1% problématique», indique cette source. L’idée avait été lancée à la faveur de la tentative du groupe chinois Xinmao de s’interposer dans la prise de contrôle du producteur de câbles néerlandais Draka par son concurrent italien Prysmian. Le groupe milanais avait notamment appuyé son lobbying auprès de Bruxelles sur le risque de voir passer «plusieurs centaines de brevets» sous contrôle chinois.
Le 10 février, Laurent Wauquiez, le ministre aux Affaires européennes, avait lui aussi cosigné dans le quotidien Le Monde une tribune avec cinq de ses homologues européens demandant une meilleure prise en compte des «intérêts industriels européens». Ils y recommandaient que l’Europe se dote des «moyens d’assurer une défense plus efficace et plus stratégique de nos intérêts», sans toutefois se référer directement aux projets du commissaire.
Le président Barroso n’a pas encore répondu au courrier de MM. Barnier et Tajani. Dans son entourage, on relativise l’importance de cette proposition. «C’est une lettre comme il y en a beaucoup d’autres», indique une source interne. Le sujet n’est pas sur l’agenda de la Commission pour les semaines à venir.
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