L’aversion des fonds monétaires américains pour la zone euro s’atténue
La crise de confiance des fonds monétaires américains pour le secteur bancaire de la zone euro a peut-être atteint son point bas. L’exposition des dix plus importants véhicules est légèrement remontée en janvier à 11% des encours, après être tombée à 10% le mois précédent, d’après l'étude mensuelle de l’agence de notation Fitch. Les engagements des fonds monétaires américains dans les financements courts des banques de la zone euro s'étaient effondrés sur la seconde partie de 2011. La part de l’encours sur ces établissements ressortait encore à 31% fin mai.
Les banques françaises ont été particulièrement visées par les réductions d’engagements des grands fonds monétaires. Ils avaient réduit leur exposition de 94% au second semestre 2011. Mais ils l’ont relevée de 15% entre décembre et janvier. «La récente opération de refinancement à trois ans de la BCE pourrait avoir atténué les inquiétudes des investisseurs et contribué à enrayer les sorties des fonds monétaires des banques de la zone euro», analysent les spécialistes de Fitch.
Un véritable retour des fonds monétaires américains ne semble toutefois pas imminent. D’abord, ils demeurent prudents sur les établissements de la zone euro, comme en témoignent les outils choisis par les fonds pour s’exposer. La proportion de repo (financement sécurisé) est à son niveau le plus élevé à 27%. Ensuite, la demande des banques européennes pourrait bien se réduire car, après les désengagements des fonds au second semestre 2011, beaucoup d’entre elles ont cherché des sources de financement alternatives et réduit leurs activités en dollar. Et, fin décembre 2011, le Conseil européen du risque systémique a recommandé aux superviseurs nationaux d'être vigilants sur le financement en dollar des banques.
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