L’Autriche se résigne à discuter d’un éventuel aménagement du secret bancaire
Entre «Offshore Leaks» et l’aveu de Jérôme Cahuzac, la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux mobilise les Européens. La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne ont adressé hier un courrier commun à la Commission européenne demandant l’application d’un «Fatca» européen, sur le modèle adopté par les Etats-Unis en 2010. But de la manœuvre : mettre en place un échange automatique d’informations sur les titulaires de comptes bancaires entre les pays membres.
Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, qui avait déjà montré des signes d’ouverture ce week-end, a indiqué que le Grand-Duché étudiait cette possibilité. «Cela n’a pas encore été décidé, c’est quelque chose qui est actuellement discuté au sein du gouvernement», a déclaré Luc Frieden à des journalistes en marge d’une conférence à Londres.
Autre signal fort, l’Autriche, considérée avec le Luxembourg comme l’un des derniers bastions du secret bancaire en Europe, a décidé de prendre part aux discussions avec la Commission européenne. «Nous tentons de déterminer une forme adaptée de lutte contre la fraude fiscale qui soit plus énergique qu’auparavant. Nous poursuivrons des discussions en même temps que le Luxembourg», a indiqué le chancelier Werner Faymann à l’issue du conseil des ministres.
Il n’est toutefois pas question pour l’Autriche de s’attaquer au secret bancaire protégeant les titulaires autrichiens, seuls les déposants étrangers seraient visés. Lundi, la ministre des Finances, Maria Fekter, avait promis de défendre coûte que coûte la protection de la vie privée et des données, un droit inscrit dans la constitution qui s’accommoderait difficilement d’un échange automatique. Mais la Commission européenne a décidé de mettre la pression.
Le commissaire européen en charge de la Fiscalité, Algirdas Semeta, a estimé lundi qu’il était «l’heure de passer de la parole aux actes». «Nous avons besoin que l'échange automatique d’informations soit largement appliqué, car il s’agit du moyen le plus efficace permettant aux pays de percevoir les impôts exigibles», a-t-il ajouté.
L’Autriche devrait résister avec force à une telle méthode, mais Werner Faymann a entendu l’avertissement de la Commission, qui estimait qu’une attitude jusqu’au-boutiste risquait de placer Vienne dans une position «isolée et intenable».
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