L’automobile américaine devrait éviter la faillite
Le Trésor s’est dit prêt à prévenir temporairement une éventuelle défaillance en attendant une nouvelle réunion du Congrès
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Olivier Decarre
Tout au long de la journée de vendredi les spéculations sont allées bon train. Après le refus du Sénat américain de valider le plan de sauvetage de l’automobile américaine, les experts ont cherché à évaluer les chances de faillites de l’un des Big Three.
Finalement cette perspective devrait être évitée. «Le Congrès ayant renoncé à agir, nous nous tiendrons prêts à prévenir une défaillance jusqu’à ce que le Congrès se réunisse à nouveau et prenne des mesures pour assurer la viabilité à long terme du secteur», a indiqué le Trésor en fin de journée alors que jusqu’ici Henry Paulson avait refusé d’utiliser son plan pour aider l’automobile. Un peu plus tôt, une porte-parole de la Maison Blanche avait déjà précisé que l’administration étudiait la possibilité d’avoir recours au TARP, une tranche de 15 milliards restant à disposition.
Il y a dès lors fort à parier que des fonds devront être débloqués rapidement. Si Ford a estimé pouvoir tenir sans aide, Chrysler et GM ont en effet assuré qu’ils ne pourraient pas boucler l’année sans soutien. GM disposait bien de 16,2 milliards de dollars de cash à fin septembre (pour une situation nette de -27 milliards) mais au rythme où il l’a consommé jusqu’ici (4,7 milliards par trimestre en moyenne), il pourrait terminer 2008 à un solde de cash de 11,5 milliards. Or il a déjà calculé qu’il lui fallait 11 à 14 milliards de matelas pour continuer ses activités.
Sur un strict plan financier, une mise en faillite contrôlée aurait certes quelques avantages. En gelant les engagements des constructeurs, elles ralentirait leur rythme de consommation de cash. Mais la question est de savoir si cette solution est possible. «Nous en doutons» répond le courtier Equinet, qui craint qu’un tel scénario n’entraîne un cataclysme sur le marché automobile américain et l’économie dans son ensemble.
Cet avis semble également partagé par les autorités américaines. Ce qui constitue une bonne nouvelle pour au moins deux catégories d’acteurs: les groupes européens et les créanciers des constructeurs américains. En cas de faillite d’un Big Three, les premiers risqueraient en effet selon Equinet de devoir soutenir des équipementiers mis en difficulté. Quant aux seconds, une faillite ne les laisserait pas indemnes. S&P estime que le taux de recouvrement pour la dette non garantie de GM serait de 30% à 50%.
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