L’Australie se préserve d’une intensification de la crise européenne
L’Australie se met au diapason de la crise européenne. La Reserve Bank of Australia (RBA) a décidé hier matin de baisser pour la deuxième fois en un mois son principal taux directeur de 25 bp pour le ramener à 4,25%. Le consensus était très divisé sur l’issue de la réunion d’hier, seuls 13 des 25 économistes interrogés par Bloomberg ayant anticipé cette baisse.
«Les conditions de financement sont devenues bien plus difficiles, particulièrement en Europe», estime la RBA. Si l’Europe ne représente que 7% des exportations australiennes, la RBA s’inquiète du fait que la crise de la dette commence à peser sur l’Asie, le principal partenaire commercial de Canberra. «Le commerce en Asie est actuellement en train de subir les effets d’un ralentissement sensible de l’activité économique en Europe» ajoute-t-elle. Le dollar australien a baissé à 1,0195 contre le billet vert, portant sa chute à 8% depuis juillet.
La croissance moins soutenue en Chine ainsi que le recul des prix des matières premières devraient permettre un reflux de l’inflation. «Le conseil est arrivé à la conclusion (...) que les perspectives en matière d’inflation offraient la marge de manœuvre nécessaire pour une légère baisse du taux», explique la banque centrale. Pourtant, les chiffres publiés ce matin montre que l'économie a progressé de 1% au troisième trimestre, tirée par une croissance du secteur minier de 3,7% et une hausse des investissements du secteur privé de 12,9%. L’assouplissement devrait en outre permettre de soutenir le marché immobilier australien, les prix accusant une chute de 4%. Le premier ministre, Julia Gillard, a d’ailleurs enjoint aux banques de répercuter les baisses de taux sur les crédits accordés aux consommateurs.
Si les taux sont retombés à leur niveau d’avril 2010, ils sont actuellement «proches de leur moyenne sur les quinze dernières années», estime la RBA, ouvrant ainsi la porte à une poursuite du cycle d’assouplissement monétaire. Natixis prévoit 50 bp de diminution supplémentaire au premier semestre 2012, dont 25 pb dès la prochaine réunion prévue en février, ainsi qu’une autre en avril. Les marchés sont plus agressifs, tablant sur une baisse de 100 pb d’ici à mai 2012, avec une probabilité «non négligeable» d’un geste avant février selon BNP Paribas. Après avoir atteint un plus bas de 3,81% fin novembre, le taux 10 ans australien est revenu à 3,94% hier.
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