L’Australie devrait baisser ses taux malgré la stabilisation en Chine
La banque centrale australienne (RBA) reste en veille. L’inflation a accéléré à un rythme plus soutenu que prévu de 1,4% sur le troisième trimestre, contre 1% anticipé par le consensus. En rythme annuel, elle passe ainsi de 1,2% à 2% d’un trimestre à l’autre, tirée par la hausse du prix des nouveaux logements ainsi que par le coût de l’assurance et la taxe carbone.
Warwick McKibbin, ancien membre de la RBA estimait hier : «Il existe toujours un relent de pressions inflationnistes très fort à l’intérieur de l’économie australienne qui doit constituer une inquiétude pour la banque centrale». Par ailleurs, la baisse du dollar australien ajoute aux risques de tensions inflationnistes. La devise reprenait 0,5% à 1,0311 contre dollar après quatre séances de baisse consécutives, mais reste en recul de 3,2% depuis le début de l’année.
Ce chiffre bénéficie cependant d’effets de base importants après la catastrophe naturelle qui a frappé le Queensland l’an dernier, et reste proche des anticipations de la RBA et en ligne avec sa fourchette cible de 2% à 3%. En outre, l’effet de la taxe carbone représenterait à lui seul 0,4 à 0,5 point d’inflation, selon Barclays.
Si Canberra a révisé à la baisse de 0,25 point cette semaine sa prévision de croissance pour 2012-2013 à 3%, la stabilisation de la croissance chinoise pourrait soutenir l’activité australienne. L’indice PMI du secteur manufacturier chinois publié hier par HSBC a ainsi rebondi à 49,1 points en octobre, après 47,9 en septembre, soutenu notamment par une moindre contraction des commandes à l’exportation. Un chiffre qui reflète «une reprise probable de l’activité économique» profitant des investissements en infrastructures, de l’immobilier et des conditions monétaires accommodantes, selon Barclays.
Les marchés ont ainsi un peu réduit la probabilité d’une baisse lors de la prochaine réunion de la RBA qui se tiendra le 6 novembre : de 95% mardi à 66% ce matin. Barclays table toujours sur une baisse de taux en novembre. Citigroup fait en outre remarquer que «les investisseurs ont décalé leurs anticipations de baisse des taux dans le temps, mais pas son ampleur».
Les marchés s’attendent ainsi toujours à un assouplissement de 75 points de base (bp) d’ici à mi-2013. «Seule une reprise des données réelles en Australie engendrerait un réajustement sensible de la politique monétaire» estime Citigroup.
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