L’attractivité de la France se dégrade aux yeux des investisseurs américains
L’attractivité de la France aux yeux des investisseurs américains ne cesse de se dégrader. Tel est le constat dressé par le cabinet de conseil Bain, qui a présenté hier les résultats du 15e baromètre sur le moral des investisseurs américains en France, réalisé pour le compte de la Chambre de commerce américaine en France (AmCham).
A la question: «quelle est la perception de la France par votre maison-mère par rapport à d’autres destinations d’investissement en Europe?», seuls 12% des dirigeants de filiales françaises de sociétés américaines interrogés répondent qu’elle est bonne ou excellente. Ce chiffre était de 13% l’année dernière mais de 22% en 2012 et de 56% en 2011. L’enquête a été réalisée à la fin de l’été auprès de 83 sociétés de tous secteurs. Près de 74% des sondés déconseilleraient à une entreprise américaine de s’installer dans l’Hexagone (contre 28% en 2011). Le contexte économique y est pour quelque chose. La part des sondés estimant qu’il s’est amélioré dans leur secteur en France en 2014 a presque doublé par rapport à l’année dernière, mais reste très faible à 19%.
En tant que destination d’investissements américains en Europe, la France se situe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. La plupart des sondés assurent que la qualité de vie en France est très supérieure à celle des autres pays européens, que les infrastructures et le système social y sont bons. Cependant, ces atouts ne contrebalancent pas les «points faibles» montrés du doigt : la difficulté à licencier, le coût de la main d’œuvre, le manque de souplesse du temps de travail, la lourdeur des procédures administratives et le niveau de la fiscalité sur les entreprises étrangères et leurs employés. L’AmCham préconise donc de réformer le marché du travail, de réduire le poids de la fiscalité et d’accélérer la simplification administrative.
La chambre de commerce pointe aussi du doigt l’impact néfaste de mesures adoptées par le gouvernement comme l’élargissement de la liste des investissements étrangers soumis à autorisation. Plus de 70% des sondés estiment que cela dégrade l’image que leur maison-mère a de l’Hexagone. L’AmCham recommande en revanche à la France de renforcer ses atouts. Parmi eux figure la qualification de la main d’œuvre. Depuis trois ans, c’est le seul facteur clé pour l’investissement des Américains qui s’est amélioré: 47% des sondés jugent que c’est un point fort par rapport aux autres pays européens, contre 40% en 2011.
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