Laser milite pour une réforme profonde du crédit à la consommation
Le groupe Laser, qui détient notamment la société de crédit à la consommation Laser Cofinoga, vient de signer une très belle année 2007. Son chiffre d’affaires est en croissance de plus de 20 % à 1,9 milliard d’euros tandis que le résultat net progresse de 13,4 % à 193,2 millions d’euros. Le ton reste cependant à la prudence alors que l’environnement financier est particulièrement chahuté. «A moyen et long terme, la crise du subprime aux Etats-Unis met à jour de tels enjeux éthiques et de pratiques professionnelles que nulle part dans le monde les problèmes de crédit à la consommation ne se poseront à l’avenir dans les mêmes termes qu’avant», a déclaré hier Philippe Lemoine, PDG du groupe à l’occasion d’une conférence de presse.
Alors que l’année 2007 a été marquée par une hausse de 29 % du taux de défaillance des clients de Laser, ce dernier milite pour une réforme profonde de la réglementation française du crédit à la consommation. «Il ne faudrait pas que la classe politique soit tétanisée par ce qui se passe en dehors de France, estime Philippe Lemoine. Chez nous, il s’agit d’un problème de croissance, de consommation et de pouvoir d’achat. Le crédit à la consommation est à ce titre un ressort social important et je suis étonné que le rapport Attali n’évoque absolument pas ce ressort». Si la direction du groupe explique cette absence par le climat ambiant poussant au statu quo, elle estime néanmoins que la crise repose certaines questions. «Le phénomène d’exclusion par rapport au crédit en France s’est aggravé depuis deux ans. Il touche désormais 40 % de la population tandis que 15 % n’ont accès qu’au crédit revolving», indique Michel Philippin, directeur général.
A ce phénomène, une explication : dans un contexte de concurrence exacerbée entre les banques, ces dernières ont eu une stratégie de croissance des volumes en faisant du crédit à la consommation un produit d’appel, quitte à sacrifier la marge en baissant les taux. « Cette baisse des taux a augmenté la sélectivité des banques et contraint une certaine catégorie de population à se tourner vers le crédit revolving, ce qui a accru le risque des prêteurs spécialisés qui ont alors augmenté leurs taux et provoqué une exclusion de la catégorie de clientèle la moins solvable à l’autre bout du spectre », explique Michel Philippin. Parmi les solutions évoquées, la direction prône notamment une remontée du taux moyen des prêts personnels classiques, actuellement à 9 % contre 12 % dans le reste de l’Europe.
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