« L’arrêt de la baisse des Fed funds mettra un terme au renforcement du yen »
souligne Emmanuel Hurault, gérant obligataire international chez Groupama AM
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Propos recueillis par Tân Le Quang
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@DR
L’Agefi : Une intervention coordonnée des banques centrales sur les changes permettrait-elle d’enrayer la débâcle historique du dollar face à l’euro ?
Emmanuel Hurault : La faiblesse du dollar est exacerbée par des chiffres économiques rassurants en zone euro qui contrastent avec des données inquiétantes aux Etats-Unis. Les niveaux de taux de change que nous connaissons sont problématiques pour les principales économies mondiales. Si le niveau du dollar soutient les exportations américaines, il est également un important facteur d’inflation importée. A l’inverse, il protège la zone euro de la hausse des prix des matières premières. Dans ce contexte, il existe une dichotomie entre les banques centrales. La Fed se préoccupe de l’évolution de l’économie, la BCE reste focalisée sur l’inflation. Pour des raisons de crédibilité, une intervention n’est envisageable que si la BCE, la BoJ, la BoE et la Fed interviennent de concert. Cette intervention ne se fera que si le dollar confirme son niveau actuel. En conséquence, une telle mesure sera nécessairement interprétée comme le début d’un mouvement haussier sur le dollar.
Le yen a-t-il de beaux jours devant lui face au billet vert ?
L’économie japonaise est fortement dépendante de ses exportations. La faiblesse du yen au sein de la zone Asie garantit la rentabilité des entreprises nippones. Avec la recrudescence de l’aversion pour le risque, le yen s’est naturellement renforcé face à l’ensemble des devises, impactant négativement le marché des actions japonaises. Bien que le dollar conserve son statut de devise de financement, sa débâcle, doublée de l’impact des baisses des taux aux Etats-Unis, favorise le renforcement à long terme de la devise nippone. L’arrêt du mouvement d’assouplissement monétaire américain mettra un terme au renforcement du yen.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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