L’Argentine va tenter d'éviter un nouveau défaut sur sa dette
Le compte à rebours a commencé hier pour l’Argentine. Le pays dispose depuis hier d’un délai d’un mois courant jusqu’au 30 juillet pour parvenir à un accord avec les fonds «vautours» qui n’avaient pas accepté la restructuration de la dette après son défaut de 2001. Or, l’affaire s’est compliquée vendredi dernier après que le juge américain Thomas Griesa, qui avait déjà ordonné il y deux semaines le remboursement intégral des obligations aux fonds vautours, a considéré que le versement des 832 millions de dollars d’intérêts réalisé hier par l’Argentine aux détenteurs d’obligations restructurées qui avaient accepté en 2005 et 2010 d’échanger leurs titres avec une décote moyenne de 65%, était «illégal».
Le paiement débloqué hier n’intégrait pas le montant de 1,5 milliard de dollars dû aux fonds récalcitrants («holdouts»). Il s’inscrit ainsi en violation du jugement de la Cour américaine réclamant un traitement identique de tous des créanciers. BNY Mellon, au sein de laquelle Buenos Aires a déposé les fonds destinés à couvrir son échéance, a ainsi été sommé de rendre les dépôts à l’Etat argentin. «Je prendrai les mesures nécessaires pour faire annuler ce paiement», a alerté Thomas Griesa qui a également considéré le paiement des détenteurs de titres structurés libellés en euros comme illégal même s’ils sont régis par la loi britannique.
Dans ce contexte, le risque d’un défaut argentin se renforce, et les espoirs d’un retour sur les marchés de la dette s’éloignent. Les négociations avec les fonds vautours doivent débuter cette semaine. L’Argentine souhaite rembourser une partie de sa dette en bons du trésor comme elle l’avait fait pour Repsol, et réclame le report de la négociation à 2015 pour contourner la clause rights upon future offers qui impose un traitement identique de tous les créanciers et qui vient à échéance fin 2014. Un accord qui permettrait de passer sous loi argentine les obligations actuellement régies par le droit new-yorkais.
Dans le cas où le reste des holdouts et les détenteurs d’obligations restructurées exigeaient un remboursement intégral, le pays devrait débourser 120 milliards de dollars. Or, le prochain remboursement ferait fondre à lui seul ses réserves en devises étrangères convertibles à seulement 7 milliards de dollars. Un montant nettement insuffisant pour faire face à l'éventualité d’un reboursement intégral.
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