L’Argentine illustre le retour en grâce des émergents
L’Argentine a ouvert hier un nouveau chapitre de sa saga financière.
Il marque le retour en grâce d’un pays interdit de marchés depuis 15 ans et illustre le regain d’intérêt des investisseurs pour les pays émergents.
Les 15 milliards proposés sur des maturités allant de 3 à 30 ans ont été sursouscrits.
Ils permettent à Mauricio Macri de tirer les fruits des premières mesures de son plan de redressement: libéralisation des changes, levée des taxes à l’exportation, hausse de l’électricité et de l’eau, lutte contre le déficit budgétaire et l’inflation.
Il est vrai aussi que le calendrier de son appel au marché est parfait.
Il conclut d’abord une séquence marquée par l’accord passé avec les fonds vautours qui réclamaient le remboursement de leurs dettes en défaut.
Accord ensuite validé par les parlementaires argentins et soldé par la fin de procédures judiciaires aux Etats-Unis.
Il survient encore alors que les émergents, après une longue période de disette, intéressent de nouveau les investisseurs.
Les capitaux entrants ont atteint 37 milliards de dollars en mars contre des sorties de 70 milliards entre juillet 2015 et janvier 2016.
Que ce retour en grâce soit durable reste sujet à caution. Aucun retournement de la conjoncture ne le justifie, comme le FMI vient de le rappeler.
C’est plutôt la quête de rendement qui explique que les investisseurs se risquent sur des actifs naguère tabou mais rémunérateurs.
L’Argentine propose ainsi du 8% à 10 ans alors que tant de dettes souveraines de cette maturité ont des rendements négatifs !
Pour autant, le risque reste élevé. Le pays est en déficit courant massif, promis cette année à une récession et, faut-il le rappeler, a fait 3 fois défaut en 20 ans !
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