L’Arabie Saoudite s’invite dans le jeu des marchés actions internationaux

Les autorités donneront en 2015 aux investisseurs étrangers un accès direct à la Bourse, la plus importante de la région, appelée à terme à intégrer le MSCI
Alexandre Garabedian

C’est le plus gros marché actions du Moyen-Orient, mais il se dérobait jusqu’à présent à la vue des investisseurs internationaux. Plus pour longtemps: l’Arabie Saoudite a indiqué hier qu’elle allait ouvrir sa Bourse aux capitaux non résidents dans le courant du premier semestre de l’année 2015.

La Capital Market Authority, le gendarme saoudien des marchés, doit publier le mois prochain ses propositions de réforme, qui ouvriront une période de consultation de 90 jours.

L’indice boursier du pays, le Tadawul All Share Index, a accueilli la nouvelle hier avec une hausse de 2,82%. Le marché actions saoudien représente une capitalisation de quelque 550 milliards de dollars, et compte dans ses rangs des valeurs comme Saudi Basic Industries, premier groupe pétrochimique du monde.

L’ouverture du marché saoudien fera entrer le Golfe dans une autre dimension sur la carte des investisseurs internationaux. Hier, le fournisseur d’indices MSCI a indiqué que l’Arabie Saoudite pourrait représenter 4% du MSCI Emerging Markets Index. Elle ne devrait cependant pas intégrer ce dernier avant 2017.

La décision des autorités saoudiennes s’explique notamment par leur souhait de diversifier l’économie au-delà du pétrole. L’ouverture de la Bourse fait l’objet de réflexion depuis plusieurs années. Elle devrait être progressive, sur le modèle de la Chine, avec des quotas alloués à des gérants qualifiés et un plafond imposé aux intérêts étrangers dans le capital des entreprises locales. Selon des projets cités par Reuters et Bloomberg, les licences ne seraient accordées qu’à des investisseurs disposant d’au moins 5 milliards de dollars d’actifs et 5 ans d’activité. Les prises de participation seraient limitées à 5% du capital d’une valeur, ou 20% en cumulant tous les tickets non résidents.

Les investisseurs étrangers ne sont pas totalement absents du marché saoudien aujourd’hui: leur poids serait estimé au maximum à 5% de la cote. Ils doivent en passer par des swaps avec des banques internationales et un petit nombre de produits indiciels cotés. Mark Mobius, le patron des marchés émergents chez Templeton, avait indiqué fin 2013 que le gérant américain pourrait doubler ou tripler ses investissements sur le marché saoudien le jour où les autorités lui donneraient un accès direct.

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