La Russie a ouvert la porte à une réduction, dans ses réserves de change, de la part des emprunts d’Etat américains au profit d’obligations émises par le FMI
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Tân Le Quang
Les Etats-Unis devront sans doute redoubler d’efforts pour rassurer les marchés sur la solidité de leur économie. Même si le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner s’est assuré la semaine dernière de l’appétence de Pékin pour les Treasuries, le doute s’est installé dans le cas de Moscou. Hier, Alexei Ulyukayek, vice-président de la Banque centrale russe a déclaré que la Russie pourrait réduire la part des emprunts d’Etat américains dans ses réserves de changes au profit des obligations émises par le Fonds monétaire international (FMI). Le 26 mai, le ministre des Finances, Alexei Kudrin, a annoncé que la Russie planifiait l’achat de 10 milliards de dollars de dettes du FMI en recourant à ses réserves de change.
Les propos du banquier central ont renforcé le sentiment d’inquiétude sur la qualité de la dette américaine, faisant grimper les taux américains à 10 ans de 5 points de base à 3,90 %. Le dollar, lui, a fléchi temporairement de 0,6 % face à l’euro.
De plus, le retour de l’appétit des investisseurs pour les actifs financiers russes et l’envolée du prix du baril ne jouent pas en faveur des Treasuries. Selon Alexei Ulyukayek, en date du 29 mai, les titres d’Etat américains représentaient 30 % des 401,1 milliards de dollars de réserves de changes du pays, soit 120,33 milliards de dollars. Un chiffre en baisse par rapport aux 138,4 milliards de dollars relevés fin mars par le Trésor américain.
La stratégie russe met surtout en exergue le rôle crucial du FMI dans le soutien financier aux pays émergents qui ont vu le volume des prêts transfrontaliers consentis par les banques internationales diminuer de 10 % au dernier trimestre 2008.
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