L’appétit du marché pour les obligations sécurisées s’avère vorace
Le marché des obligations sécurisées est en pleine effervescence. Alors que les émissions de dettes financières seniors représentent, en tendance, deux tiers du volume de crédit en Europe, les dettes émises par les banques et garanties par un portefeuille de prêts immobiliers ou au secteur public déferlent sur le marché primaire. Hier soir, La Caixa a vendu pour 1 milliard d’euros de ces obligations, tandis que BBVA est attendu par le marché pour une double émission de 1 milliard d’euros à 4 ans et une autre de 2 milliards à 7 ans. Une transaction de Swedish Covered Bonds à 7 ans figure aussi dans le pipeline. La semaine passée, le volume d'émissions a flirté avec les 9 milliards d’euros avec pas moins de neuf opérations.
«La demande de covered bonds est actuellement très forte, des rendements historiquement bas incitant les investisseurs disposant de larges fonds à miser sur les produits à spread. La demande pour les Jumbo Pfandbriefs et les covered bonds français est particulièrement soutenue», explique Société Générale. Pour preuve, en dépit d’une forte concurrence dans le secteur 7 ans, Crédit Agricole a réussi à émettre 1,25 milliard d’euros de covered bonds d’échéance mars 2017 avec une marge de 34 points de base (pb) au-dessus des taux mid swap, conforme au spread indicatif. La demande avait rapidement atteint 1,7 milliard d’euros. Outre-Rhin, BHH a émis avec succès 600 millions d’euros de pfandbrief hypothécaire face à un carnet d’ordres, selon UniCredit, de 1,1 milliard, faisant ressortir une marge de 10 pb, soit le bas de la fourchette préalablement annoncée.
Autant de signes qui montrent que les investisseurs ont de nouveau la capacité d’absorber cet afflux de papier. Fin janvier, les émetteurs s’étaient précipités sur le marché primaire plaçant 22 milliards d’euros d’obligations sécurisées. Ce qui avait provoqué une indigestion du marché et avait contraint Abbey National et Crédit Agricole à renoncer aux émissions qu’elles avaient auparavant planifiées. «Des rendements historiquement bas ont incité les investisseurs les plus riches à miser sur les produits à spread. La plupart des titres ont été lancés en dessous du spread indicatif, ajoute Société Générale, même le marché des covered bonds espagnol a été actif avec une réouverture de Caja Madrid». L’établissement hispanique a placé 275 millions d’euros de maturité 2014.
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